*0¥ . 1 1 ■ : f * •t. ., r' I •I* -éÇ ■ '• ,A ^ ' V*- <■' •et « ' ' ' . î?a K 1<£^ûUA/-0 /93f HARVARD UNIVERSITY. LIBRARY OF THE MUSEUM OF COMPARATIVE ZOOLOGY LiBRARY OF SAMUEL GARMAN 7ù, Ss-c^ S^RT. é./f^& I {^x j ^y J 'jtx^r-^ >.t^^ SEP 6 1928 iaH>i_rLU /(r SEP 6 192B L'hiftoirc naturelle des ESTRANÔES POISSONS MARINS, AVEC LA VRAIE PEINCTVRE èr defcriftion duDaulj^hin^b'de j^ujieurs autres de fort ejj^ece^ Obferuee par Pierre B elon du Mans. Ovl^hJ^€itoC(X0iQy y à^\çi Tnlv^VXfi^ AVEC PRIVILEGE. A PARIS. Dcrimprimeriede Regnaud Chaudière. I s S h r^ /-^ EIS TON AlAESïMflTATON KAÏ Vi^xfjLTffôJccTov Kv§tov Kcc§ Amonlcigneur môfieurleReuerendif^ SIME CARDINAL DE CHAS* TILLON, LIBERAL Mecems des hommes Jludkus^ , i, entière ^rojj^erité. O N S E I G N EVK, metmuant en ce loijirju^uel iefuis a prejent par^ojlre heni- gnitéiouijfant^ après auoirdefcriften nojlre langue y les choses mémorables, ôr les richeffes de la terre deplufieurs pays ejïranoes ou tay ejléy Ç/ la fertilité de diuerfes mersJont'\>ous aue:^\eu plusieurs pourtraiïls^^ defjuels il yous a pieu me ouir parler: ^fâchant bien jueyous n aue:^plus grand plaifir^ que d'em ployer le temps couenahle, a entendre les chofes qui font extraites de ïtntime coonoiffance des hifloires naturelles: & que donne:^^:: luntiers quelques heures du iour après les repas^ a deuifer àr ouir des propos d'érudition qui ne trauaillent point l'ef^mî: Apres que tay confideréMue\ous ej}ie:l Ais quant a celles des medalles^. ie croy qu'il n'y a celuy qui •*-^-* ne les vueille bien approuuer pour peincture^' deDaulphins. Car qui le vouldroit nier, il leroit facile de le prouuer par Tautho- rite de Ariftote ôc des autres anciens auchcurs:veu mefmement que les Taretins long temps auant la grandeur des Romains a- uoyent défia faicl: grauer ks Daulphins en leurs monnoyes, en mémoire de Taras fils de Neptune^lequel on feincl auoir eilié mué par les autres dieux en vn Daulphin.Dc la vient que Taras fils de Neptune loit portraiâ: iur vn Dauîphin ,en la manière de ceuls qui ibnt acheual, tenants le Dauîphin bridé,lecôduiiât la ou ilveult. Voila quant aus Daulphins portraidses mônoyes desTarencins.SemblabIcmentleRoy Aiïs auoitvn Dauîphin graué en les monnoyes,Icquelportoit vn petit garion deifus Iba dos. AulTi eft il allez approuuc queTite V'e(pa(iâ auoit en ics de* unes PREMIER LIVRE uifes 5^ medalles le Daulphin entortillé autour de l'Ancre, figni" fiant ce que diioitîe prouerbe ancien dAugufte Caefar, lejhna Untè. Car cônie il n elt oyieau en rair,ne vire d'arbalefte qui ioic plus impetueule,nequipuiire aller plus vifte que le Daulphin;6c qu'il n'eft choie plus tarde de qui retienne mieuls que faiét l'An* cre;toutainlîcesdeux Ancre6^ Daulphin airemblez enfemble eftant de nature contrairejlignifient quelques tempérance. Voila quant aux Daulphins qui on efté porcraicts es medalles de Tice Yeipaiîen,leiquelles nous auons veu ou i ay dift.Nous auôs aut' fibienveu les medalles de ClaudiusCselarauec Neptune tenant vn Trident,allis delTus vn poiiïon,qui ha bié la femblance dVn Daulphin mais le croy que n eft cellui que les autheurs nômerct Orca, duquel ie baïUeray la peinCture par ci apres.Pline parlât de cepoilion^racôpte entièrement toute Thiftoire faiétc par Claudia us Csefar^lequei eftant au port de Oftia, qu'il failbit redifFier, en print vne;dont il feit fpeétacle au peuple Romain.6<: croy que il i ait faid: retirer en (es medalles,&: que ce ioit elle qu'on y voit portraiâ:e,5<: non pas vn Daulphin:i en parleray plus amplemêt a la fin de ce liure en defcriuant le poiffon nomme Orca.D'auan- tage nous auons veu le portraiét des Daulphins qui (ont es mô* noyés d Augufte,&Ruifus,Tyberc ôcDomicienSc Vittellius^qui font toutes Latines.Mais encore oultre les Latines mon dit fieur en a des Greques, qui me femblent beaucoup mieuls obferuees que les Latines:& celles qui font les plus antiques,fôt les mieuls ciabourees,delquelles font retirez ces prefents portraid:s. Yray j^ortraitl du Daulphin retire d^naantij^uc mcdaU le de monficur le Trefotier Grollier. ■mm^^ DES POISSONS MARIN 9. T3 LcsDaulphinsfontnaifucmentrcprefentezen ccfte figure au f- ficfteile dvnecrefantiquemedalle, laquelle mondid: lieurefti- me eftre Creque.ll n y a poinét d efcnpture autour,au(ïi elle ne cft pas en forme plane en la Superficie du côcour, comme les au très medalles,mais eft rôde par les bords,&: ha deux petites orcil les.C'eftcequeiauoyeadire touchât les effigies des Daulphins que nous auons veus grauez fur diueries elpeces de monnoyes antiques;toutes lefquellcs conuiennentauec les peinc^uresdc nollrcBecd'Oye. Que quelques >«i aient eu opmon que ÏLJ\uYgeon fujl leDaulphwimais j^utljoit tout le cotraircChaj^.x X I !• TEvoyqueplufieursdeceulsqui font admirateurs des chofes nacurtilei,^^ qui onc grand plailir en regardant de plus près aus choies memorâL)ies,le compiaignantsquaii en euls meimcs, de ne veoir aucun poiiibn en trance obtenir le nom du Daulphin, de ne pouuancs luger lequel ce pourroit ertre,le font efforcez le- lonrimaginationquilsenauoientconceue, de maintenir q'uil n v^^^^ point d autre qu'on cogneull,a qui le nom de Daulphin pêuit mieuls conuenir qu a rtiturgeon,6:ain{i i'eftâts totalemét periUadez que TElturgeô debuoit eilre appelle Daulphin,rôt at terme eflrevray.Quat a ce point,leur opiniô cil aiiee a côfuter:3C pour ce taire ne vued qu vne merquex ell que nul poifTon peult eitre appelléDaulphî,! il n a la queue en manière de lune en croif fantiparquoy filEikurgeoneiloit le Daulphin, aufllifauldroit il qu il euft la queue en lune.C'eft vne mcrque que touts ceuls qui ont elcript du Daulphin^ont mis en memoire,defquels il me luf fit en prendre pour exemple en tefmoignagevn feul Ouide, le^ quel parlant des nautôniers Tyrrheniens; lelquels il feindl eftre tranfmuez en Daulphins,dicl: ^ Falcata noHijjima cauda eji^ Qmiia dimiduJinHdntHY cornua iMttdC. Or l'Efturgeon n'ha pas la queue en lune;aufli n eft ce pas a luy a qui le Daulphin conuient, le ne vueil pas parler de 1 Efturgeon plus amplementjfinon que pour monftrer que nous n ayons pas ignoré quel il eft,ac aufTi pour môftrer qu'en auôsla peîclure. Et D. l'ay p REMI E R Livre Tay voulu faire mettre ici,a fin que ceuls qui eftoien t en cefte o- pinion,Ia changent auec vne meilIeure.Ceque ie nomme Eftur- geon^a Bordeaux eft nommé du Creac. Etcombienque TEftur' geon croiffe en longueur exceffiue, comme eftoit cellui qui fut apporté au Roy Francoisa Montargis,lequel eftoit long de dix- huiCl pieds,ce néant moins il n eftoit pas Daulphm pour cela. La'\fYuie j^anihre de lEJlurocon. Que j^lujleurs aient eflimé que ïkâano.qui ejl moult ^randpoif fon,n:urri au Pau ejïoit le Daul^hin^ Cr qutl fait tout le con» traire^ Chap. X ^ 1 1 1. TL nyaceluyquiaitleu FhiftoireduDauIphin qui ne fâche bic quilaitle nez fort long. Et pource que Ion trouue vn poiflbn nommé Adano en la riuiere du Pau de moult grande corpuléce, beaucoup plus grand que 1 Efturgeon;&: qui eft du genre del £- fturgeonjplufieurs ignorants le n nom ancien, ont eu opinion quec'eftoit leDauIphin: mais il l'appelle Attitns Et a fin que quelque autre ne penfaft que ce fuft vn Daulphin, ienay auiïî voulu bailler la peincflure auec fon vray nom. lenenbailleray pas la defcription en ce lieu, d'autant qu'il ne fe peult référer en rien qui ioitdes efpecesdu Daulphin.Etnay baillé lapeincT:ure finon pour tefmoignage contre les faulfcs opinions qu'on auoit du Dauphin. LavortraiBuredu fufdi^ voijjon de defme ureecradcur^ nourri en la riuiere du P^w, nommé Attilus», D E s P o'iS SO NS M A^ 1 KS, I4. Que le Tort.encor quiljoit dtf grande corfulence^ & (^uil ait la cjueue en Lune^ il ejl toute jjois aidèrent au DauU fbin. Chap. XXiin. CEmblablement le Ton eftant moult grâd poiflbn,aiant quel- que léblance auecIeDaulphin, ha dôné occafiô a plufieur:» qui ne lecognoilîoyentpasjdelefoupfonnerpour Daulphin. Mais a fin d en ofter [erreur,! en ay voulu bailler la peinéture,ô^ au de* meurant n y mettant rien de la dclcription> car le ne prêtés met trechofepar efcrit en celiure,quineconuienneaIexierieure^&: intérieure hilloire du Daulphin. La j^einïlure du Ton. Que le nom de lAarfouin (onuienne aj^lui'urs poijfons^ Jelon la communie appellation '\>uk air e ytr la ration pour quoy le Daulphin fe nomme '\?ne Oyç^Chap. X X V, /n. A Yantpropoféde n'oublierriendeced^i appartient a Thiftoi ■^^redu Daulphin, ie ne puis bonnement* ce faire fans y com- prendre maintenant les autres poiiTon qui font de mcfme efpe* ce,Iefquelsdoibuet eftre nombrez en fon genre. CarTappellatiô du nom de Marfouin eft generalle a plufieurs poiflbns. Parquoy ayant mon principal poind pour but qui eft de bailler la vraye Dx. peindu/ PREMIER LIVRE pein(flure du Daulphin comme nature la produid/ansluy ad- louHer note ou merque qui Ibit artificielle;Ou diminuer, &: a fin de prouuer que celuy qui entre les eipeces des Marlouins eft nô- mé vne Oye,loit le Daulphin^il fauldra premièrement entédre, que nous auons deux poiUons aflèz communs, ôc qui font quafi apportez touts les vendredis aux marchez des poiiionneries des groflês villes,&: principalement de Paris,refl'emblants 1 Vn a i'au» tre;indifteremenc nommez Marfouins.Mais entre eulsilyena IVn qui particulieremét eft nôméBec d'Oye,ouOye;lequel n eft pas du tout fi cômun qu'eft l'autre efpece: qui pour auoir le nez plus lôg,ha trouué diftinftiô d auec lautreMarlouî. Et côme les Geneuois ont nôméle Singe de mer Pe/ce pada, pource qu'ils luy veoiêt fa queue faidre a la manière dVne efpee platte:femblable- met Ô^ par argumét pareil le Daulphin'aiât le nez lôg, ha prins le nom d vne Oye.Et le poiflb nôméXipÉwi qui ha le nez lôg'cômc vne efpee d'armes, dont il ha gaigné ion appellation GrequeSc Latine,fcblablement ha efté nôme a Marfeiîle &a Gènes le poif- fon Empereur Jedi a Gènes eftre nommé Empereur,a la diffère ce des fufdicls Singes de mer,qui ontvne queue moule lôgue c5 me vne longue efpee platte,par cela ils lappellent Pejceffadaydccn Frâcoispoiflbn a lefpee, Mais le Xip6i«/, auquel les François onc veu porter le nez fi long,a efté par euls nommé Héron de mer, Aufli pour ce qu'il y ha vne des efpeces du fufdicl: Marfouin,qui ha le nez long a la faqon d Vne Oye,féblabIement ils font nômé vneOye. Vojla que i'auois a dire de la iuldide Oye de de ce qui ha meu les Fracois a luy'^auoir baillé ce nô. Geft vne note infalli- blerpour fcauoir biê diftïguer IVn d auec fautre.Sc de laquelle A* riftote au iiif.des parties ha faift mention. Car il ha diét en ceft cndroift la que le Daulphin ha le bec lôg6crôd,Q^« ro/îr>f Drfpfitno rH(di t il)/lr«HHra tereti ac tcnHifityfadlèJddi m oris fiafttn no pote/}. Voila quât a la première efpece des Marfouîs & la principale de toutes les autres^carc'eft celuy qui eft le vray Daulphin. L'autre efpece de Marfouin, diét en Grec P6oceo/r ïen^auerie des Dauïj^hm fur les monnoies. Cha^. X X V 1 1. A Près que i ay fuffifamment parié des Daulphins qui font por- traits es monnoyes antiques,i ay voulu confequément par- Dj. 1er \ PREMIERLIVRE f 1er de ccuisqu on voitgraués es monnoies mocîernes,de(queIs il cil tout manifeftequela peinclurecneft faulfc.Dôcquesceneft pas choie moderne de veoir les Daulphins recirez en peinfture 6 E femblable occafion a efté defgaiie le Daulphin côme l'Ai' •^^glejlequelcombié que nature lauoitfabriquéjfansluy auoir donné beaucoup d'ornements de beaulcé,rayant (eulement com pofé tout d Vne venuecomme vne chenille, couuert d Vne peau polie rel'emblant quelque cuir,rans elcailles,n aiât point d'autres belles couleurs qu on voit en plufieurs autres poifTons, de n aian t rien que du noir ôcdu blanc.Ce neantmoins les peind:res de leur authoritéluy ont adiouilé quelque chofe de leur artifice,Ie reti* rants en portraidrore, eftimaiîts que fils fuyuoient le naturel, la peind:ureenleroitmalplaifanteala veue. Ceft la raifon pour- quoy ilsluyont changé la figure, tellement qu'il ne retient note quelconque qui le puifle attribuer au naturel;^: n ha merque fur foy en quelque forte que ce foit^qui ne foit 6uUe: ou bien il le fauk PREMIER tïVRg fault prendre pour vnmonflre contrefait a plaifir, quineft en eftre,&:qui nefutiamaisveu d'aucun. Eftant donc li aduancé en ces monftresjievueilmonftrer que toutes manières de gents ont indifFerément permisqu on leur aie portraici des monilres, qui iamais ne furent,ne font^nc ne feront • Quon ait grandement ahufé en peignant Us foijfons fur lescartes^ijr que ï^gnoran'c des bommtsjoit caufe que^lu fteurs mojlres de mer aient ejlé faulfement j^ortratâsjas aucun iu^ement. Chap, XXX. T 'Euident erreur de plufieurs hommes ignorants Tarcifice de nature ne me permet paflèr oulcre (as m eirnouuoir,8^ les tou cherdeleur témérité. Nell ce pa^vnetaulce digne de reprehen*^ fion,de les veoir mettre cane de monilres marins en peinélure/ fansauoirdilcretion^Inconilantselpi'is, que ne coniîderent ils qu'il Y a perfection en naturel V oulants donc peindre 3c reprefen ter les choies naturci!es,ne pouez mieuis faire que fuyure le na* turel.Et fi ils ignorent la chofe pourquoy la feignent ils? Qui eft cautè de (i grand erreur,(inon leur folie' Qii on voie les peincf u- res es cartes marines,combien leurs monftre> font eîloignez du naturel.O quels eftrangespoill'ons marins: Qui eft celuy qui ne fâche bien que les noms des anima uls terrelues eurent ancienne ment leur appellation tant enCreceque aiUejrsauanc les maris. Par cela la plus grande partie des poufons marins prindrent le nom des animaulsterreilres.EtftuItainfi entendre que les ma» rins eurent le nom des terreftres,mais que ce fut par quelque ac cidét.Qui eft celui qui ne cognoiife bien leLieure terreftrerquel- lefimilitùdehailaueclemarin^Nouslauons veu&r maniétant en la mer,que dehors,mais il n'a aucune femblace auec le terre* ftre.SemblablementlcRegnardde merqu ail de commun auec celuy de la terre^nulle certainemet^finon au gouft,&: en couleur. Auni leSingcdcmer&le terreftre ont bien quelques merques qui les font eftrecommuns^mais au refte ils ne le reiTêblenc pas. D auantage qui eft celuy qui ne fâche cognoiftre fOurs de la ter tc^.ôc touteffois qui luy môftreroitrOurs de la mer,il auroit beau fonger auant qu'il deuinaft fon nom,car il eft femblable a vn ho* mar, D ES r OIS SO NS M A R l'N s. i-j ,niar,finon qu'il n ha point de forces, non plus que la faultcrelle de mer que ceuls de Marfcille nomment vne Langufte» Oultrc plusiecroy quilny ait home qui necognoiflevnChiendemer, car il retient ion nom par touce la France: &c touceffois il ne rclTé- ble pas a vn Chien terrellre.Quant a ce point, ie n entens pas de ceuls qui de noftre cognoilTance furenc mis es eilangs de t ontai nebIeau;&:deChantilli,quicuoientroutlepoiiron deTeilâg, tel- lement que moniteur le Conneftable,fuc concraincl: de les taire tuer a coups de craid:s,&: d arquebules,mals ie parle de ceuls qui font communs par noz poiilonneries, qu'on nomme vulgai- rement Chiens de mer,&: defquels nous auôs encor pour le lour . d'huy toutes les quatre clpeces quedei'criuit Ariftote,&: qui Ibnt cogneus par les marchez desvilles.Mais non par nom propre car ceuls qiiil nomme ^^inacts^ Nérides^ Caniculas, cncovQs quel* les foient toutes apportées delà mer^toutelfois on ne les diitin- gue point a Pans, Rouen,ne es autres villesdeFOceanxommea Marlèille car Nebndej ou bien Himnit font appellees Nifîbles, enprouenral,&: CanicHUynPAumb,dC Stdians vnCat, quieft cequbnnommevneRôuifetteiauiïieftcele Chat de mer, que toutsfcaueitcognoiilre, de ^^inaces &: font nommez Elgullats. EtieHomarneitcepasIeLion delamer^ Etie Mulet demer, encor qu on le nôme de ce nom Ia,il n'ha aucune merque cômu ne auec le terrertre^non plus qu Vn Afne ha auec le Merlus:car le Merlus eft l'Aiiie de mer,mais entendez que ce foit le Latin-.car AJçUhs eft vn Merlus: 3c qui tourneroit AjeUnsy on le nomme» roitvn Alnede mer. lecroy véritablement que lî le vouloye procéder oultre,que i en trouueroye encor a nombrer deux fois autaiit defdiéls pcifTons en la merque i'en ay défia nommé, les- quels retiennent leurs noms des belles terreftres a quatre pieds. Et au refte pour n eftre point diftraiél fi loing delà matière que ie ^ pretenstrai6ter,mais touchant legieremét plufieurs qui tiénent leurs nos desoyfeaux,côme font Corbeaux, Merles,Hlourneaux, Griues,HirondeIles,Milans;Grues,CigaIles,a^ plufieurs autres fé blables qui (ont nommez du nom d'oyfeaux éc autres beftes ter- reftres,comme aulfi ceuls qui ont trouuéleurs nomsdes chofes a quoy ils relTembloiet comme eft celuy qui a le nom dVne che- niÛe ou fcalme nomme Sj^Urma que ceuls de Marfeille nommêt E, pesefcomc f RHMIER LI VK E pcs cfcomc ou bien des fignes ceIcftes,SoIeiI, Lunc,EftoiIIes: ou des f ruids qui font fur terre^côme Concôbres;Raifins,&Orties demcr:cle(quelsiemetaismaintenant,remettant aies fpecifier ailleurs en chafque chapitre particulier. Touts lefquels nos leur ont efté baillez pour quelque occafion.Car les accidents font eau fe de cekrLes autres retiennent les noms de leur demeure,côme ceuls qui habitent entre les rocs & lieux pierreux, on les a nô* niez faxatilles.Les autres ont efté nommez des noms,ou ils font leur reiîdence-.comme ceuls qui fréquentent les riuages font ap- pelles Littora(es, au contraire des autres, qui fe tiénen t en la profô demer,quiontnom Pefiyij. Les autres ont leur nom des mala dies donc lepras ou lelepris en fait foy, ou leprades,qui vault quafi autant que qui diroit^ Pforades . c'eft vn poiffon ainiî ap^ pelle pource que la couleur de fonefcaïUeeft femblablc a ceuls qui ont la maladie nommée Piora, qu'on nomme en François lemalfâinftMain.TelIemanieredepoiiTona Paris eft appelle vne vieille Jly en a encor d'autres qui ont la couleur fi élégante, qu'il n'y a papegault nepaon qui l'ait plus viue,ne plus belle.Et (î Ion a nommé quelquefois vn poiifon de ce nom de Paon ou Pa- pegault, ce n eft pas a dire pourtant,qu'ildoibuerefembler vn monftre en la mer qui fuft de la forme dVn Paon terreftre. Vn poiiîbn d'excellente beauté fut quelques fois apporté par fingu* larité a vn grand perfonnage a Paris,que ie ne vueil nommer,Ie quel pource que touts levoiants d vne couleur li exquife,le nom- moient Daulphin,maisc'eftoitvn poiflfon faxatile nommé vn Paon, lequel ceuls de Marfeille appellct vn Roquau,& a Gènes Lagione,a Rome Papagallo, aVenife Lambena. le l'appelle Paon car ie trouue que les autheurs Latins l'ont appelle Pauo vn qu'ils auoient retenu du Grec, a la différence du merle qui eft nommé Co(rifos,mais pour ce que les noms fufdicts font dij uerfement attribuez aus faxatilles comme auSanut,a la Tanche de mer ou Phicis a la Canadclle,a la Cannerellc, a la Dôfelle c'eft a dire Iulis qu'on nomme Zigurelle,&:au pic ou piuert,5cque les Romains font diftindiô duPapegault au Paon:&: qu'on ne fuiâ: point fi exaftement cefte differencea Venife, i'en ay bien vou- lu bailler la peinfture. Le DBf POISSONS MARIN S. Le^ortraiH du Paon de mer. iB TI n y a pcrfônc qui ne cognoiife bien la Viue,queles Grecs ont autres fois nommée Dragon de merj& encor maintenant elle eft nommée en Latin de ce nom Ia:&: toutelfois elle nerefembic en rien au Dragon,{lnon aucunement en couleur. Ceuls qui ne lauoient pas entendu,nous pdgnoient des Dragons faicls a plai* fir,tels que font ceuls que nous voions côtrefaiéts auec des raies defguifeesja la façon dVn ferpent volant. Il y a encor plufieurs autres poiflbns, qui ne tiennent finon que bien peu de la tache qu'on leur attribue des chofes dont ils tien- nent les noms. Quelle fimilitude de Citdara ou Harpe ha Citdarusy pour eftre ainfi nommé,& dédié au Dieu Apolio: Les vns le nô ment Cantarnsûes autres, comme a Marfeilîe encor pour le iour^ d'huy,le nomment Pc/ce catttc«a.Il ne fcait chanter, ôcnha la fi- militude de vaifTeau corne fon nom en Italien le porte, car tout ainfi qu'ils le nomment vna cantara aullî nomment ils vn vaif- feau a tenir du vin, vnCantaro, Maisquât aus Francoys ne ia- chants ne d' Apolio, ne deCantarolenommét vneBremmede mer,ala fimilitude dVne Bremmed eaue douIce.Car le voiants ainfi large,ilsluy ont baillé ce nom la qu'ils fcauoient de l'autre a qui il eft moult femblable.LesRomainsIe nommentZaphile, ceuls de Gènes vna tan ua & les François vne Bremme de mer: du quel poifTon la prefente eft la vraie peinclure. £.2. Le ' v" ' P R E^M r t ^ 1 I- V RE Le mif^ortmiB de Cîthàm'\^^airm€nt Bremme de mer. nomme Qui vouidroit diligêment chercher raifé pourquoy noftre Brè- me de mer ha efté nommée CitSatHs^k n'en fcaurois autre chofe qu'en dire,finon quelle ait des lignes le long defes efcaillesala manière d Vn poiffon nommé Sflfpa.-lefquelles peuuent reprefen* ter quelque femblance des cordes tendues en long, reflemblant la harpe d'ApoUo.Ceci Toit dict par manière d'acquit en paflan t, d'autant qu'il me feroit difFicile d'en trouuer autre raifon a dire. Mais pour ce que cepoiflbnCttÉarwi a quelque affinité en didion auect)ira&auflri qu'il y ait vn autre poiffon qui efl particulière- ment nommé de ce nom,iI m'a femblé bon en toucher quelque mot &: en bailler la peinfture.Car la Harpe &:la Lyre dont ces deux poiflfons ont pris leur appellation,eflants inflruments de mufîque différents l'vn a l'autre^que les Grecs ont aufïi nommé feparement,a fin que l'affinité du vocable de Citfjara &Lyra ne trôpafl: le lefteur,prenant l'vn pour rautre,i'ay aulTi baillé la peï- fture du poifTon nommé Lyra. Lequel fut ainfî nommé pource qu'il ha le nez a la façon d'vne Lyre inflru ment mufxcal. Ceuls de M arfeille rappellent Malarmat^quafî mararmat.Ceuls de Ce nés le nomment Pefarmato,6c véritablement c eft a bon droi<5f , car iPeif tellemèt armé tout autour du corps d'efcailles poiârues, qu'il féble eftre tout d bs.C'eft la caufe pourquoy on luy habaillé le DES POISSONS MARINS. 19 le nom de HoCofieos, II eft fi rare a Venife, qu'ils n'en voient poït du tout: 8c fi fréquent a Romeiqu'ils Font touts les iours en leur poifTonnerie^S^ le nôment Pejce/orc6wi, de en Franco ys Porceau,duquel i'ay auflï voulu bailler la peindure. Le portrait duj^oijj'on nommé A^cr^autrmcnt nomméle Sanglier. Ce San- t>ES POISSONS MARINS, 2,1 Ce Sanglier icy n'ha pas les efcailles comme ont les autres poit lbns:carilhafapeaulirucie,quonenpourroitpolir du bois, co- rne I ô tâiét de la peau des RoulIettes,des Smges marîs,des chiês desLamies,6cAmies,&:Regnards de mer .Car mefmemét lepoif ion que quelques vns auoientpar cideuâtdefcriptpour Aper,efl: le Regnart de mer.Ce Sanglier eft vn poiilon aflez hardi a corn* batre les ennemiSjCar en oulcre ce qu'iïha bônes déts^dc Fefcorce durequalicommecuir,ilha auflides aguillôs deifus Ion doz,qui font tort al'pres toobuftei.il ha les ouies cachées dedens,comme la Murene^qui fut vne caufe que le pciafle quant ie le trouuay la première tbis, que ce tuft ÏExocttHs, mais lay depuis trouué £x#- occtHs qui ell femblable a Gims, Ce Porc fâglier icj eft rare a trou uer;parquoy 1 auons feulement veu pédu eseglites répIi de bour re;CommeaRagonic. Au relie, celte pemcturea efté retiré du naturel;dontienay voulu nonplus parler qu'il a efté befoing de dire pour faire entendre qu il auoit no Aper,c'eft a dire Porc iau' uage,duquel la grandeur vient a eftre en comparaifon a laCarpe. Il m'a femblé que il me côuenoit bailler toutes les luidicles peï- ctures pour demonftrer Terreur de ceuls qui peignoient des mô* ftres contrefai<: tant craintifs de leur impetueuls aflault,qu'ils le trouuent mal aiîèurez en leur propre element.Et en cherchant leur falut en vn autre^ils ie met tent encore en vn plus grand danger.Car fâchants qu il n y a ef- poirdefefauluerenleaue^ilsfaukentenrair, ou ils nepcuuenc guère longuement refter.A lors en les voit recheoir fi dru en la merjqu il lemble proprement que ce foit pluye tombât du ciel. Mais pour cela encore ne font ils pas fauluez,d autant que les oy- feaulx qui fuyuent les Daulphins a grands bandes,foijc tout ain- fi en leur endroict comme font les chalTeurs a lendroid: de FEf- menllon.Car les chafleurs auec vne grande troupe de chiens cou rantsjchaliântsaulieureparla campaigne,dônent louuent moy- en a lEfmerillon&:Hobreauquilesfuyt;deferepaiftredesalou ettes^ petits oyfeaux que les chiens contraignent de i efleuer de F.i. terre. PREMIER LIVRE tcrrc,IefqueIlesapperceuatsrefmerillonqui lesattent/e fentâts combacuesdedeuxneceliiteZjlVne des chiens;&: 1 autre deleur ennemi capical^aimerjcmieuls chercher lalut entre les ïambes des cheuauls^ou bien (c rendre en la gueuUe des chiens,que d ex* perimêter la merci de cjsluy duquel elles nefperétquelamort. iiemblabiement les poiflons craignants les Daulphins, cfperenc fe (àuluer en rair,mais lesoyieaux que les Grecs nomerentLaro^ les Latins G«ma,&:les François Mouettes, 3c les autres nommez Carnios^ ouCaniards^quiluiuêtlesDaulphins a grades bandes, cognoiflants leur effect (auflfi font ils caufes de les enfeignencar quelque part que les Daulphmsaillentj{efdiâ:s oyfeajx voilent touliours au deirus)dei'cendent de roydeur i^ur toute la multitu- de de ce poiflbnefpouuanté,quimieulsauoit aimé (émettre en leur milericorde,que d eflay er celle du Daulphin qui le va pour- chaflant par la mer.Mais eltant tourmenté de toutes parts,fuiâts les deux inconuenients& cherchât fon dernier refuge tel que na* tureluy aapprins,il ferenge au riuage de la menou encore pour la tierce fbisjil tombe'en plus grande neceifité qu'au parauât.Car il fe donne en la puiflance de c eluy lequel il ne peult fuir, eftant fi eftonné de la paour qu'il ha eu,que mefmement il (e laifle pré* dre auec la main,ou bien demeure pris es rets.Voyla comment les Daulphins errants par la mer vagabons, maintenant ça main tenantla,&commençantsdu matin, vont celle part ou ils ont contlituéleftape de leur defieuner.Tout ainfi font ils de leur dit ner,& finablement font le femblable de leur ioupper:par ainfi ils fontquafitoutleiouren pourchas. Ceft laraifonpourquoy ils font tant aimez des pefcheurs, pource qu'ils ameinent le poiflo de toutes parts iufques dedens leurs rets. Auffi en ont ils recom- penfe-.car les pefcheurs ne leur font iamais mal. Et encor fils les trouuent prins en leurs filets, il leur donnent lib*.rté. le ne vueil cntendreque cela fe face en toutes mers, mais principallemcnt en Grèce &: autres lieux ou les habitants ne mangent point de Daulphin, Que DES POISSONS MARINS, if Que nctUYC nha j^ermis aus DaulphinSyde j^raidre Ithrea ment les autres j^oijjons^j'ils nejont iouincT^a la renuerje, Chap. XXX y. QVand les Daulphins pourfuyuent les autres petits poiffons près du nuage^il eft moult facilede les veoir peCcher.Car en prenant le poiflbn pour le manger,il eft neceflaire qu'ils fe réuer- lènr,<&: a lors leur ventre apparoift blanc a ceuls qui les regardét, leiquels on peultveoir clairement. CarleDaulphin eftantdcfi groile corpulcce qu'ô le peultveoir de biélo]g,& que après quo 1 aveu fe lacer hors leaue pour prédre I air,puis rétrer en la mer,le Daulphin qui au parauant apparoiflbitnoir/e tourne incontinêt en blancheur: mais celle blancheur prouient de Ion vétre;lequel on peult bié veoir des nauires iufques la bas au parfôd de la mer. Et mefmemêt il nefe pourroit repaiftre,f ilnet'erenuerfoit deff^ refchine,qui eft vne note que Ariftotc ha expreflement efcriptc auhuictiefmeliurederhiftoire^&auquatrieimc des parties des animauls. Et pour parler au vray de ce renuerfement du Daul- phin,apres y auoir regardé expreflement; y cherchant quelque raifon,obferuant toutes choies: ie voy touts les autres animauls non pas feulement les terreftres^^mais aufliles poiiTons^auoir vne grande elpace&: cauitéenleursgueulles,queienay point trou- uee es Daulphins': veumefmementque les mufcles qu'ils ont pardedenslepalaisenlabouche,&:par la force defquels eft fer mé&ouuertleconduicîtdelafirtulequilhafurfatefte; ne luy permettét a caufe de leur grofl'eur,auoir le palais caué ou voûté: defquels ie parleray plus amplemêt au fecôd liure en Tinterieu- re anatomie.Mais pourcequ il rn a femblé que cefte merque ap partenoit en ce lieu,ie lay bien voulu amener; pour la difticulcc de la leçon qui eft en Pline Se Ariftote.Et me fcmble qu'il n'y au* roit aucune difficulté es mots de Plineparlant ainfi du Daulphî, YetodjjimHtn omnium animadum non Jolkm marinomm Dclj^ditîHSyJtdocjor yoCncrÇyacrior ufoiacniji multum injra rojtrum os iidforetfmedio petiè in "ven tre^nHlins fiJciumccUritatem dus tnaderctyjed ajftrt moramj^roHidentiana* tur^ifiia nifî reJufini^atjHe connerfi^non cûrrtpiH«t:pourueu qu'on enté dift bien ce qu'il veult dire par cesparolks; car quand il dit,acfti/i / F 3. multii PR EMI ER LIVRE mnCtum infra roJlrHtn o^ iffi/oret^me^fiopen: in ventre. Il doibt eftrc en- tendu de l'on efl:omach,car venter en Pline eft fouuenc mis fvo yentricH ioiàxoicqu on peult prouuer deplufteurs autres paffages. Et qu'il Ibit vray,ce meihieaucheur auiiurehuiclielme,chapicre vingt ôcvn ha eicript en celle ionciCromcas AJît6iopw^erterat,vel«t< cxcaneinj^à^He concertos, omnia dennè4sfran^mteSfj^ronnHJfie demrata co* /icienteiVCrttrc.Oultreplus audixneufieimeliure chapitre ciquief me il dit ces parollesiCtfoiJafw^rei ac Un es j^UnbHs modis extjhmmty^Hi ferficiènmano ventrenon jHeantyJednonintHtnejcant.Vcter auilien quel ques autres autheurs eft leu pour le ventricule. NiacroSins 6atHma(^ hure Teptieime chapitre quacrierme,ercnt en cefte manière: Ve»^ tris duojHnt orijidaK^nQrnJHj^enHs ersÙH rectpu d^Horata^ù^ inJoiiem\fentrif recodHuHiceftjiomachHSfjHij^aterfamiiias dici mernity^naji otnne animai joim ^H^ernans.inferiHsvero dimijjH^inujHnis adtacentib^ inJeritHv&cll netaulc dôc pas entédre que Ariftote ne Pline veuillét dire que le Daul* hin ait la bouche deiloubs quaiî au milieu duvetre:mais qu'il 1 ait bié auât deiloubs le bec,qualî au milieu de rellomach:ô<: mefme met Ariftote au vii;^delhlftoire ha eicript que touts les poiliôs du gère chartilagineux,& touts autres qui ont grade corpulence, côme laBaleine,&: lesDaulphîs,neprénent poit iespoilios,qu ils ne Ibiét reueriez.CVtem fiJcibusQiiâ i[)ca£tHra minornm ^afrote a^itHv ore,vtJoCent meare,Atcartiia^ind,& Dd^hni,& omnes c^iacti ^eneris rtJH* j^nati cornpHt,()a^ét enî osjnbur.vnde fit^vt T^tncnin minores facitins Dojjint enaderedc ne voy aucune difticulté en ce palîage, qui nepuill'e bic conuenir a noftre intention ;c eft a dire que les Daulphins ont la bouche au dedens de la partie de la gorge,&: qu elle ibit de la par tie du defloubs.Cefte chofe Te peult tacilemeiit prouuer ,par vnc railon qu'il adioufte puis après au quatrieime hure des parties, parlant du Daulphm en celle iorte . Q«uruam mam cnm rofirnm tori JtrHEiHrateretiactcnHifityfaakJcindi in ons ÉaèitMw non potdf. Cela di' foit Ariftote conformemét a ce que l'ay défia efcript: fcauoir eft quelesDaulphïs ne peuuêt predrele poiflb l ils ne Ibnt réuerlez. Et en rédat la railb,diâ: qu'ils ont le bec grefle &r rôd en lôgueur, Parquoynefe peult bônementouurir en forme de bouche. Que nature n'a baillé legoper au Daul^hin^oukre la coujlume des autres poijjonsfâs raifon^mais quejoit tant j^ourfafaté^que pour lefalut des autres. Chap. XXXVl. DESPOISSONSMARINS. j. ARiftotc au iiif .liure des parties,parlant des poiiTôs Se prîcipa- kmétclu Daulphin dict ces motsitunt & ons éjcrimma.Aliii eni os antcfi ponû ejt.Aiin mji a |?art4;jMpiiia;VtDe/pÉmii,&carti/t/cii t^nt mjettatHrytuaaere pojfjitiîïrf omnifl id^cnus ra* toinapijLiu viHHt^VtmttAmne himisJHa àthoraumahiditaté cxlIu ait. Qhii tmmjaciiiHi tflperét^breHtperîmcdit^jfltietatcfenrét. jHotii^ tttâ ^HHrojtrH tOTH jirHtiuru tentirc tcnmJit^jaKiieJcmdiin otu habnunÔDOUJï,ht auviij* hure de lhilloire:Coc£na eft vn nom moult prochain de Pbjcfl, 3c toutelfois Pboca, eft vn aultre ani' mal,appellé en François Veau de mer,ou bien Veau marin,de la Î)eau duquel l'on faid: les ceindlures de cuir pelu,ie l'ay bien vou u nommer en ce lieu;a fin querafFinité des appellations de p6o* M & ?()ocxna n abufaft perfonne.C eft donca Pboa Ha a qui le nom de Marfouin eft proprement deu,& qui eft beaucoup plus com munque neft TOyeou Daulphin:auflîeil: il généralement le mieuls cogneu par les poiflonneries des viUes^Sc principalement deParis.rayveufouuente(foisaduenir qu'on yen ha apporté quatreou cinq pour vnvendredy,mais cela neft pas ordinaire: car telle chofe aduiétl vne fois plus l'autre fois moîs.Aufl^i il y a vn temps auquel les Marfi^uins font pefchez plus fréquents. car Ion en voit plus au printemps qu'en autre lailon, plus en yuer qu'en autônej&: plus en automne,qu'enefté: fi eft ce qu'on en veoit quafi en toutes faifôsrmais mois en efté qu'en nulle autre. Et pour cinq Marfouins qu'on y apportera, a peine l'on yvoirra vnDaulphinouOye. Caries Daulphinslont pefchezplus rare- ment quelesMarfouins^Or voulant exadtemêtdeicripreleMar- fouin,il ne me fera difficile après auoir delbripc leDaulphin,car il eft de mefme corpulence, qu'eft leDaulphin: n eftoit qu'il eft quelque peu moindre.Il eft brun deflus le dos tirant fur la cou* leur celefte,mais il eft blanc deflbubs le ventre.Il n ha qu vne ha- refte ou aelle deflus le dos, il en ha deux,vne de chafque cofte,& ha la queue tournée en croiifant. Toutes lelquelles aelles, queue 6c harefte,font de couleur noiraftre,a la propre manière de celles du Daulphin.U ha le nez moucequafi comme arrondi. Somme H. que PREMIERllVRE que fon extérieure defcriprion,conuienc en toutes merques auec celle deFOye. Qaant aux yeulx&: autres conduids dodorer,& refpirer,&au conduidde l'excremêtacdela nature de la femel- Ie,a<: du membre honteux du maÛe,&: toute la refte des parties extérieures reffemblent a:jDauIphin,5c pour le faire brief,ie pre- cens quela prefentepeindrurelereprefenteraau naturel. Le vortraiH du Marjouin. A Riftote aufixiefme&rhuidiefmederhiftoire; haparléaifez amplement de ce Marlouin, lequel il ha nôbré entre les paif" fons CiStaceos c eft a dire qui font de gr*jnde corpulence,&: qui rê- det leurs petits en vie^-St qu'iUit du laid: com me les Daulphîns» Pareillement Pline parlant de T )rfione jou T irfione^ qui cA adiré Marfouindicl qu'ils lontlemblables aux Daulphins: mais quel- que peu plus rigoureux, maltaifancs ala manière que les chiens de mer font de leurs becs,naiflants en la merde Pont. Celaaef- cript Pli.de noftreMarfouF,raiâtpourIa plus grad partie traduiét d'Arillote . Mais pour Hocxna il ha tourné Tirfjo ou Tnrfyoy nous auonschangé vne lettre difants -M.3r/JyopourT^rjpyo .Les Veniciens ont vne femblable diélion pour exprimer le plus petit poiflon qui iepefcheen la mer,lequel pource qu'il eft de pe- tite ftature,U n'a point defingulienma'sdvne voix pluriele ils le nomment Uarfjonïi lequel petit poiflon ceuls de Marleille nô* ment Qéajonu Et pource que telle manière de petit poiiïon ne le voit point par deça;ie ne fâche point quel nom François il obti- enne entre nous. Dcfcription DESPOISSONSMARINS, 30 Defcri^tm $\n autre ejj^ecc dtMarJouin jurnommi\nc OudïC. Cha^. X L V. A lantacheuétouterexterieureanatomie du Daulphin Se du Marlbuin,auanc que procéder a 1 inteneuie partiCjii m a lem bléconuenable de comniencer a delcnpie,! extérieure peinélu* red vne tierce eipece ae Marlouin;commei'ay promlsaaqLelle iâj faicl: por traire au naturel, lâchât bien que iapeiriélurepeulc mieuls reprefenter les choies a 1 œil en vn inft antique ne tont les elcripts en longue elpace de temps. Elle fut trouuee dedens i'Oce- an,&rpefchte au nuage du Treport^quiellvnhaure enlacofte de Normandie,ô<: tut apporté par charoy a Pans. Ce fuc 1 vn des plus grands poillons que i euile onc veu.Ie vueil prendre celluy* cienl:by,quetoutspoiiionsqui ont quelque iîmilitude auec le Maribuin,ioient indifferenirr. ent appeliez Marlbuins.Car encor qu'il fuft particulièrement nomme de quelques vns du pais vne Oudre;{îeft ce que généralement touts autres en le voiant lap* pelloientduiMaribuin.Onlenuoyadu Treportallioftelde Ne- uersa Paris,& ceuls quilenuoyoïentle nommoient du Marfou* in,comme nous auonsveupar les lettres qu'ils efcripuoient au ûiaiftre d hoiteI,ne vi'ants d autre nom,iinon qu ils diioient luy enuoyer vn Marlouin. Mais ceuls qui lauoienc amené, &:pluli- eurs autres qui le venoient veoir, le nommoientvneOudre,ou vn Neutre,les autres vne Ouette.MaispourcequeOuetteeilvn nom quifcmbleeftrediminutifdVneOyej&:rOye eft le nom du Daulphin,ilmefemblequele nomdOuette luy (éroit donné mal a propos-.car il eft quatre ou cinq fois plus grand que n eft le Daulphin. Somme que les appellations les plus communes e- ftoientde la nommer vneOudre,&Oudre en François eft a di^ Vtetjquieft vneefpece de vaifleau a mettre quelque liqueur, foit eau, vin;Ouhuille, comme font les boucs, &: peauls de chieures,efquellesrhuille nous eft apportée en temps de qua- refme du Languedoc en France; mais te lexpoferay cy après, quant i'auray mis la defcription de ce poifion. Et pour commencer a le defcripre par fa grandeur, plufîeurs iugeoient qu'il eftoit pefant de plusdehuiél cents liures. H.2. Qui PREMIER LIVRE Qui le mefuroitauxpasencheminât,onIuyen trouuoit trois: ni dis mefuréplus ieurement 5c plus iufteméc,il auoit neuf pieds ôcd^myll eitoïc lî.gros par le trauers du corps,que deux homes fe tenants parles mainsapemereuHenticeuembralTer. Mais m ftemét empoigné par le trauers du corps auecvne corde,puis me- iuree,elleauoiclepc pieds: & depuis le nombril du poillon qu'il ha au milieu du ventre;iulquesa 1 efpine du dos en trauers,il ha- uoit trois pieds&: demi. La lune de l'a queue entre les el'paces des cornes,auoit demie aulne.Cefte eft la delcription d vn bien grâd poifl'onJeqael toutelïbis prins aux rets,n a non plus de force que auroitvn autre petit poiilon;&: principalement lî la queue eil empeftree:car il ha les aelles moult petites pour la grandeur de la corpulence:& eilant prins,n aiant point de lecoulie a iby darder, par cela il demeure aiïbibli,n'aiant plus de force a le remuerai ne pourroitaufiieflrelonguement envie pris dedens les rets^qu'il nemouruftluffoquépar faukedair, non plus que touts ancres poiiionsquiontpoulmons;Comme Veaux de mer, Tortues de mer,Rats d eau;Maribuins,Baleines,Lutres,Caftors,DauIphins, Chauldrons.Celui duquel le parle maintenât,efl:Orca, il ha le nez beaucoup plus camus ôc mouce que n ha le Daulphin: de pource quil ell de plus grand corpuléce,auiïi ha il fon bec ou nez beau- coup plusgros^maisleDaulphin 1 ha bie pluseftenduenlôgueur: car combien qu il loit de moindre corpulence,touterfois il ha le nez pIuslôg.La malchouered embas de ceft Orca^eft plus lôgue que celle de defifus^rondej^c moult charnue.Les deux aelles donc il en ha vne de chafque cofté, dont il fe lert pour nager,me fem- blent plus petites,qu'il ne conuient a la proportion de la grâdeur de fon corps. Lliarefte qu'il ha deiîus fon dos^eft efleuee droicle ÔC petite au regard du demeurant. Tout ce poiiTon femble eftre entièrement couuert de quelque cuir côme le Daulphin Se Mar- foum:auiïieftiI fans efcailles ,noir fur le dos, & blanc delToubs le vencre.Il eft: de forme toute ronde en longueur,gros parle mi' lieu du corps,8c eft: eftxoict en diminuant par les deux bouts, cô- me eft vn pot alantique^ou vn fufeau panzu. Il ha les yeuls moult petits^entre lefquels deflus le fommet de la tefte,eft le cô- duid delà fiftule,par laquelle il infpireôc expire. Sa langue ncft entière DES POISSONS MARI N J# 2J^ entièrement libre,& efl: femblable a celle d Vn Daulphin. L'en- droidde fa gorge par le dehors aux baffes narines de la langue, efl: gros comme pourroit eft:re a ceuls qui ont vn fécond mentô. Les deux petits pertuis de ion ouye^encor qu'ils foient moult e* ftroicls comme auDaulphin , touteffois ils apparoiffent quelque peu.La mafchoueredede(loubseilfipefante,qudle tumbed a- uec celle d enhault,quant le poiffon ell dellLs le ventre 3c luy tiét la gueuIleouuerte,quieft fort bien armée de bonnes dents. Au lurplus,quant eftdece que nous pouuons efcripre de Ton exte rieureanatomie,ie puis dire qu'il eil en toutes notes correfpon- dant auDaulphin,exceptéqu il eft quatre ou cinq fois plus grâd. Tellementque iepenlbyeaucômécementquecefullvn Daul phin,d'autant que le n'y crouuoye différence finon envne excef lîuegrâdeur.Vray eftqueiay trouué quelques particulières cho fesqueiayobferueeSjleiquellesm ontenieignéqueceftuici foit particulièrement de l'on genre;differentauDaulphin.Mais pour ce que i'ay toufiours eu la couftume,que en Tendroict ou i'auoie difficulté des animauls qui fereflembloient^de leur regarderies dents,apres diligente inipeftion ôc côfideratiô de celles deOrca, f ay cogneu l'eu idente différence d entre luy & le Daulphin. Car le Daulphin ha iuftement autant de dents en vnc des mafchoue- re, comme ceftui ci en ha en toutes les deux, ou bien di- ray mieulx, qu il ha autant de dents en IVn cofté de la maf- chouere,que ceftuyci en ha en toute vne entière Laquelle cho* Ce i'ay facilement peu expérimenter a l'œiLcar nous Tauons cô. feree a rencontre des malchoueres des Daulphins que nous gar- dons de long temps: maintenant les mafchoueresauec les dents du fufdi<5t Orca,ia netcoyez 3c deicharnez font chez monfieur le garde de féaux Bcrtrandulefquelles dents nous auons compté eftre quarante en chafque mafchouere,ne côprenant point qua- tre petits rudimencs qui font deuant, &: les plus groffes font au nôbre de vingc de chafque cofté des mafchoueres,qui font mou ces,mais celles du derrierefont poinftues II y en ha en tout qua- tre vingts^moult blanches,longues en rond,di{pofees par ordre, diftantesrvncdelautrecommeau Daulphin. L'os de la m af- chouere d ébas eft quelque peuvoultéôceft lôg d Vn pied&demy. L'ouuerture de ia gueulle n'eft guère plus fendue qu'eft celle du H.3. Daul P R E M I E R L I V R F Daulphin,niais touteffois il ha biê la gueuUe plus large.La figure de fa queue approche plus de celle du Daulphinquedu Marlbuî, toutelFois elles fe reliemblent toutes troisCe poillon n'ha pas feu lementefté veu pour vncoupjcar il adulent quelques foisqu'o en prend d autres i'emblables Se de plus grands,mais li rarement que en dix ans a peine en fera pris vne douzaine en tout le riua- ge.ll ne refte rien a defcrire de (on extérieure peicture,finôque celuydôtieparlemauenât,eftoit femelle, qui auoitvn petit de^ des levctie,lequel pour lors n'eiloit encor pas paruenu a lufte grâ deur,carc'elloitau commencement de may,rail cinq cents cin quanteS^ vn, touteffois il eftoit défia fi grand, qu'il auoit deux coudées de long.qui eft vray argument que ce poifibn fuft en ef» pece différent au Daulphin,6c Marfouin.Cefle femelle auoit dcJ mamelles,vnedechafquecofl:é,qui eftoient moult manifeftes, tellement qu'il ha efté libre a vn chafcun de les veoir, defquelles lespetits bouts eftoient cachez dedens vne fente, mais on les ti- roit facilement hors de ladicle'fente quand on les pinfoit auec les ongles:non pas que le bout de la tétine euft vne tefte comme ha vn autre animal terreftre,mais feulement vn petit bout délié, duquel les petits Oudreauxtettent le laicl des mamellesjquifôt cachezcôme ie diray en defcriuâtfô intérieure anatomie. Voila ceque i auoye a dire touchât l'extérieur de ce moult grâd poiiTôj qui ha efté (peéfacle au peuple de Paris,car ils ie venoient veoira rhoftel de Neuers par grande fingularité. Dîfcoursprinsdesautheurs^îouchafJt ce qu'ils ont efcript du foïjjon nomme Orca. Cha^, X L V 1 1 1. T'Auoye défia defcript ce poiffon auantl'auoir nommé de nom antique:mais après que i eus long temps fongé deffus, & que ic trouuaytantdemerquesquilemediftinguoient du Marfouin, Chauldron,&:Daulphin,iefongeoye quelle antique appellation il pourroi t obtenir.Defia n eftcepas Pri/îe^ ou Pri/^i^ : car il eft ma nifeftequc le poifton que les François nomment vn Chauldron eft Vri^ts . Lequel ie n ay point voulu defcripred auantage en ce lieu(combic qu'il euft peu conuenira ceftematiere3pourceque ic n'en auoye point la peinture. Aufli neftce pas PIry/eter, car il faultCf il eft vray cequ on en efcript)qu'il foit plus grand poit fon que ceftuycî.Mrj's quand i'Qixs enquis,particulierement des D E s P os I s O N s M A R I N 5. ^z noms que ceuls qui l'auoient amenéluy bailloicnt 8c que i eu en tendu que plufieurs le nommoient vn Oudre, les autres vn Ou- tre (vray elt comm^ i ay diét, que généralement le cômun po - pulairele nommoient Marfouin)5c lâchant bien que vne Oudre tient 1 appellation d Vn vailîeau a contenir de l'eaue ou du vm: 8c aufliqueorcatientlenomdVnvaiifeauen Latin fignifiât quafî la melme chofe que fai&: toutelfois celuy de 1 Oudre n eit iinô d vne pie ceronde,^ larattedu Daulphin eit plus grande que n ell celle Aa.i. du LESECONDUVRE du Marfouin.Ettoutainfi quelOyehalebec long, auflihailla langue de melmeunais le Marfouin a qui le nez n eft pas long, auiiî n ha il pas la langue (î longue.Les langues de toucs les deux, ne ibnc pas du tout a deliure,parquoy Anitote did: que le Daul- phinpourroit bien faire quelque bruit, comme font les muets: maispourcequ'il n ha pas la langue du tout defiiee Se deliure,ne aulii lesleures;il ne pourroit pronôcer vnevoix articulee.Ie croy bien qu'il la pulile aduancer entre les dents,niais non pas la tirer ïuiques hors de la bouche.ElIe eft léblable a la laguedVn animal terreilre^&: principalement dVn porceau,neftoitqu elle eft fran^ gee par le bord.La langue de TOudre ne Teft iinon vn petit par le bout de deuant H refte encor a dire vne merque infalhble qui les diftingue par le membre honteux:car le membre du Marlouin, eftantmort,eft aufli gros 6c grand;qu eft celui dVn homme en vie quand ill ha tendu^ voire des plus gros qu on fâche trouuer: mais rOye^ne Thagueres plus gros queftle poulce, &:nepafle pas huic^ ou neuf doigts en longueur. Touts deux Tont poincfu com me ont les chiens,& auffi ont les genitoires qui font longs ca chez au dedens,gros comme vnœufde poulie, ôc font cartiiagi' neux a l'extremité.Touts deux ont le pertuis de lagueuUe moule eftroiâ:e:donciemetuys fouuenteffoisefmerueillé commet ils pouuoient aualler de fi gros poiflbndot ils fe paiifent, mais com me lay défia dicbjilfault qu'ils fe reniierfent en les prenant, ou bien qu ils fe renuerfent en leau pour aller gaigner le poillbn qui naturedcmentfenfuyt au fond vers terre, a celle fin de trouuer les algues Se autres bagages a le cacher dedens. Mais le Daulphin qui n àualleiamais vn poiiîbn au rebourS;faduance pour le pren- dre par la tefte,laquelle il met la première dedens fon gofier,&co lequemment l'aualle dedens ion eftomach. Ceft vne chofe que i ay facilement cogneu en plufieurs Daulphins &:Marfouins que iaylouuentelfoisouuerts,efquels iay trouuay plufieurs poil- fons que ie ne penfois pas qu on les euft trouuez en lOcean. Car le Daulphin 8: le Marfouin auallants indifteremment toutes efpeces de poiffôs envie touts entiers, ont leftomach fore calleux Scdur par le dedens,& bié muni,contre les iniures des ha- reftes des poiifonsqu 'ils a^rallent comme Viues,Scorpiôs,Sargs, Perches,Pourpres,Orphics,Cafîèrons,Seiches,Côgres, Mullets^ Rougets DES POISSONS MARINS. 35" Rougets,&autres femblables qui ont fortes hareftes.Lequel efto* macheftlcblableaceluydVn porceau, mais il eft quelque peu plus long:6c qui le vouidroic remplir de liqueur, &: le croiftre en leftendant^il contiendroit facilement trois quartes d'eau: qui ne efl pas chofe difficile a croire, car mefmementceuls de la mer Maieur ou Pont Euxin^enuoientles Cauiars rouges 6c noirs a Cô llantinoble dedens les eftomachs des Efturgeôs:ô<: ceuls de Min^ grclie n aiants vlage de pots ou vaiikaulx de bois, remplifîent les pances des animaux de leur beure,roitde vaches ou brebis,qu on apporte vendre a Côftâtinoble. Voila quât a la Pâcecu eftomach duDauIphin de Marfouin;auqueI iOmcntHtn qu'on nome en Fran* coys la Taye,eft attach ee au irbnd, comme elle eft es autres ani- mauls:6c couure quafi touts les inteftins qui font defloubs, mais elle n eft guère gralîe^ôc eft fort fimple,6c moult déliée. Le ventre inférieur du Daulphin^Sc Marfouin;Ou font ks inteftins,eft fcpa ré par Iediaphragme;de celuy d enhault.Leur cœur eft enuelcpé dedens le Pericarc/twmauecvne bien grande quantité d'eau clere enfermée leans-.lequel ha deux aureilles, de deux ventricules , de pour le faire brief;il eft en toutes fortes iéblable au cœur humai Pareillement les poulmonsfepenuent enfler de vent, filsfont foufflez parlafiftuleou fluftequi eftattachee aFhcibîere ou ar^ tere-.laquelle eft en ce difteréte a celle de touts autres, qu'elle foit a deliure.Le Larinx duDaulphî que les Erancois nomment la Lu ette;eft longue comme vn petit tuiau que nous voions feruir de anches aux cornemuies.auiii eft elle fichée en fon conduicl de la mefme manière quelefdiclstuiaux font fichez en leurs boiftes. Car la fufdicf eLuette ou e^tgictis qui ferme le conduicl:,eft faide a la manière de deux petites charnuresdela groiieur Scquafide la façon de deux demîesnoix,tellement qu'il n y a aucune paitici pation de conduicl a refpirer entrant en la bouche comme es au très animauls.Car poféque tout autre animaÎ6v4'hcme fe eftoup pentle nez;ils ne laiftent pour cela aafpirerpai'laboucheScauf-» fî refpirer,mais il n aduient pas ainfi au Daulphin;Car le côduict qui va a fespoulmons,n eft aucunement percé en lendrcicT: du çofier,ainshafeullementvne cauitédeffus le front , au dedens, feparee en Tos d Vn petit entredeux qui eft pource que cefte hftu Aa.3. le* / LISECOKDLIVRC le cartilagincufe Cca va inférer dedcns les deux diâ:cs pièces ou 1 jbes de> poalmoas.c eil par icclle qa il taie bruire 1 eau en refpi- rant,car li la leclé en Tair de treigrande roideur en iaulcanc hors delà mer. Afcauoirftlc Daul^hm &* Marjouin portants hors ïeau \icnmnc en l'air vour rcjmrcr^ou pur ajj^ircr. Chap. 1 1 . X'Ay longcêps efté en doubtevoiatleDaulphi&Marfouinvenir en 1 air l'cauoir iils venoiéc aipirer ou refpirer .El côme ceuls qui nouct eiitre deux eaux, ont alpire auàtiè même en l'eau, ocré* plirleuripoalmôsde vêt, toucainfiiepeuitairede touts autres animauix de mer qui ont poulmonsjcoiu me Veaux, lorcues, Mariouins,d<: Dauiphins,qu ils viennent en 1 air pouralpirer ôc reprendre leur haleme. Mais il tàuk dire qu ils y viennenc pour taue coucs les deux;car après qu'ils ont cite long temps en la mer fans prendre haieine,lacnoie qu ils font la première eit de icéter hors celuivêcqu ils auoiét porte en la mer,car fortàts horsjon les oic bruyte en ledant du vent ôc de l'eau en rair,&: fault ioabdain qu'ils eu repreniieut d autie,car il n y en ha pouu en la merj tel* lementquequiauroitiiévndeidiélsanimauisaufond de leau, il ieroit mcoutinét fuiroqué par faulte dhaieine . V Oila quât aux inllruments de la rerpirati6,(S<:pourquoy 1 onveoit tels aiumaux fc monllrer hors 1 eau ii iouuent.Mais encor y ha vn autre poîct digne de plus grande contemplation, qui gift en lanatomie du Daulphin,^: autres poilibns cetacees,qui ne peuk etb e deichifrc (ans admiration de nature,cômeiedii'ay en ce fuyuât chapitre. Que leDaulj^hin ne je veult repaijlrefwon tourné a la rh uerje en prenant l autre poiffon Chap. 111. r^E poincl monftrelegrandfoingdenaturequ'ellehadesani' maulsqudleprodui(i;t,ceftqueou les autres animauls ont lartere encontre la gorge,ceftuyci y a le go(ier:qui eft vne chofc qu on peult facilemeutapperceuoir en luy fendant les maichouc resauecvncourteaujâciuyuant iufquesaleilomich. Taronne trouuera point de pércuis qui refponde alarcerecomme Ion veoic es autres quiontpoulmôs.Ceilceque Arittoteauoit vou- lu oejpoisjonsmarins. 3^ lu entendre quand il efcript,que les Daulphins ont la gueulle au dedens de lendroicl: du reuers. 8c fi :1s l'ont de la partie de la rcn ucrfe,aufl'i faulc il fils veulent manger^qu'ils foientrêuerfez.Auf fi did: il,Oi infïlxiarufuj^ina Defp6i«i haknty^HumoSrem niJicottHtrjirefH' pi«ent«r,dfomcorhpe7C«ej«e««t. C'eftla vraye railbn qui rendies Daulphins contraints de ferenuerfer, en mangeant 5^ prenant leur proye en la mer. Dclanatomlc desintejlins & autres j^cirtieswîcrieures du Daulphin £r Marfmirî. Chi:i^\ 1 1 1 1. T ES foies de ces deux,5^ autres féblables, touchent le diaphrag- mejaufli lot ils dciioubs la partie du dehors, ôc ébraflêtlefto' machparde(lus,&:lemunillcwdetouts coftez: lequel eft entêdu en longueur. Leur tjrùr«i,'p 6 nômevneCaillette enFrâcois^pour cequeles villageoiles pienncnc latourneureen telles Caillettes dôt elles font cailler I^ur laicl:leqael Pjlorus eft fi grâd, qu'il con- tient quafi la tierce partie d'autant; comme faiftleftomach, & aulîieltlongquafi de demy pied. Les autres inteftins fuiuants celiuyla,commeeitleie:«Hi«m,i^ IclUon font repliez en maints deftourSjCommenousvoionsesfrafesdeveau. Et celuy qui eft nom me dscHm^ned point crouué entre les inteftins duMarfouin &Daulphin^&Ieintertin, ou eft le pertuys de 1 excrementqui eft nommé ReEÏMm; eft contre la reigle des autres animaux pl^ grefteau Daulphin^quenefonttoutsles autres in teftins;& tou^ teftois il debueroit eftre plus gros 3c plus large.Ils defcédent d'en haultIelôgderefpinetoutdroicl,fansfe deftourner nulle part. Toutslefquelsinteftinr^fontainfi attaches au dos par la liaifon des veines meferaiques,&: par ks ligamcts,&: par les tuniques du Pcritone«w,en forte que fi on les deftache d vn l'eu! endroift ou el- les Te ntretiennen réelles le peuuent enleuer toutes enféble. Leurs veines font inférées par les extremitez au tour des inteftins: qui vôtfe terminera la groflèveinenommee Porte :Iaquelle leur eft moult apparente Se plus grolTe que le doigt.Npus y auons comp té douze coftes de chafque coftéjn'y comprenant point les claui cules^ne les autres courtes nom ces les faulfes coftes, fur lefquel- 1 es la veine Axi^os eft couchée au cofté droiél moult apparente^ de feftend en plufîcurs rameaux en chafcune des veines ou elle fc va terminer. D«s LE SECOND LIVRE Comparaijon des mamelles au Daul^hin contre celles de touts autres ammauls.Defi^uels les \hs les ont en la j^oi'tîrinej es autres le long du^ctrCyles autres aus ey nés. Chap. V* ÇEtnblablement auiTi eft veue la veine caue^c eft a dire la veine creuie^quiibitdufoie^Iaquelleilha enflée plus groHe que le doigt,plaîne de fang^eilendue le long du dos : laquelle puis le de^ parc en rameaux^ÔC monte par le derrière du membre honteux delà femelle,6c va porter 1 aliment tant en la matrice que aux mamelles ou le taicl le laictideiquelles mamelles, ie parleray cy après plus amplement. Leurs rongnons font gros de chafque co- fté 3c IpongieuXjleiquels i'eftimoye au parauant élire les mamel lesanaisles mamelles font cachées delîoubs la peau entre les muicles de lepigaftre le long du ventre,il eft facile a les trouuer incontinent,!! Ion fuit le petit bout exterieur:car enuirondVne paulme loing des bouts des cetins;il y ha vne charnure ou carun cule,quirell:endenlong,côpofee dVne chair molle,fpongieufe ÔC rouge;qui reçoit le fang,tant des veines de la poictnnepque de celles des eines; lequel nature yconuertienlai(5l.LeDaulphin de Marfouin Se pluiieurs autres poiflbns qui ont poulmons, n'ont quedeux bouts es mamelles:mais nature ne Iha pas faict fans raifon.car comme nous voions la femme enfanter le plus fouuét vn feul au couptauflfi nature ne luy ha donné que deux tecins,ra chant bien qu'ils peuuentfuftire a vn (cul. Semblablement les autres animauls aquatiques ou terreftres qui n'ont quVn petit a la fois,n ont eu affaire de pluficurs mamelles; defquels il y en ha qui les portent en la poicT:rine,côme iont les chauues fouris,que Pline auoit au parauant efcript,laquelle choie lay n agueres trou uéeftrevraye par leurs anatorniestaictes dedens la grande Py- ramyded'Aegypte,&:dedensleLabyrinthedeCrcte.carfay veu Jes mères baillants a teter a leurs peti ts de leurs mamelles du lait qu elles ont en la poiétrine. Vne chofe qiji ma femblé digne de grande admiration en elles,eft qu'elles ne font point nid. Car el- les fe pendét en l'air de leurs crochets des aelles,en allaiârats leurs DES POISSONS MARINS. 37 petits qui font remblablement pendus aux pierres des voultes. Les Singes pareillement ont des mamelles en la poiclnne.Cc qu'on ha aufl i efcript des Sphinges.Mais les autres animauls qui ont grand nombre de petits a nourrir,comme Taulpes,SdgIiers, HerilionSjPorcs efpis,ô<: autres lemblables ont eu belbing de plu fieurs bouts es mamelles,ldquelles font eftendues le long du ven tre,comme nous voions es chicnnes.Les autres qui ne nourriiiét quVn petit a la fois,comme Girafes nommées en Latin Cbameio- pardflÛ5;i:lcphants,Chameauts,Iuments>Chamois,Boucseilains n ot eu affaire que de deux bouts. Touteffois les tettes de to'-^ les fuidicls animauls font eminents au dehors. Mais ils font cachez au Daulphin de moultgrand induftried autant qu'ils participct de lartitice dont ha vie nature en les deiiuidicls.Car leur polui on eft comme font les tettes de ceuis qui portent pluiieurs anu mauls,qui les ont lelongdesmulclesderEpigaltreou Abdomen finonqu ils font cachez deiloubs la peau. Mais les bouts des tet tes du Daulphï que les Latins nôment Pafiiiasj 8c que les Fracois champeftres appellenc traions.ont leur fituation a la manière des animauls a quatre pieds; qui ne rendentqu Vn petita la i:ois, let- quels nature luy ha cachez au dedens;pour la difcômodité qu ils cuflent faiâ: au poiilbn,f ils euffent efté dehors, d'autan t quç cela cuft efté empefchement a la vifteiîe. Les vretercs du Daul' font veues manifeftes defcendre en la veicie tant des malles que desfemelles:laquelle vefcieeit auffi grande comme celle de la Grenoille de mer. Nous fauons enfice de emplie, ou nous auons trouué quelle contient vnechopined eau. Ne les Daulphins ne la relie des autres de leur genre, nont point de fiel, qui me femble chofe eftrange:car melmement en mangeant expreliee- ment de leur ii}teflin nommé P;yiorws,lequel eft celuyquienuoie les excréments au fieI,nous 1 auons trouué amer, comme fil euft efté participant de quelque amertume de fiel: de toutetfois ne 1 c- ftomach,nel autre inteltind après nauoient point ce gouft la, neauffiIefoie,lequel quand il eft bien accouftré^eft temblablc enlaueurôcaugouftdu foye dVn porceau: de de quelque en- droid: qu'on en fâche mangcr,il n'eft point trouac amer.Si eft ce queie fiel fert grandement atouts animauls qui ont fang, &:eft k. grand LE SECOND Livre grand chofe quele Daulpbin qui eft vn animal tant fanguin, n'en ait point,niais nature luy ha baillé quelque autre voye pour luy repurger le mauuais lang.Les autres animauls qui n'ont poït deiangjnontauiTi pointdeiroyeSc par coniequent nontpoint deficl.Conibienqueles Daulphinsôc Marfoums digèrent toutes les hareftes des poiffons qu'ils a uallent,le(quelles ils conibmmêc en reftomach,v jire les plus dures efpines de hareftes des poiiTôs, touteffois ils ne digerét lamais 3c ne confômêt les pierres qui fôt trouueeses celles: car nous leur en auons iouuenteftois trouué auec les excréments dedens le droict boyau,qui elloient preftes a mettre horSjSC touteffois elles eftoient demourees toutes entie* res,côme Cymdi£ySjnodotides,Tri^Utes^3Câuttes pierres léblables.lls ont les inceftîs mal aifez a nettoier pour mâger:(i eft ce qu'on ne lesieftepasaParistcarlontrouue aifez de perfonncs friâdes qui les achettent ^ de les habillent pour manger délicatement. Que toute ïanatomie du ccrueau du Dml^hirj^ conuienm en toutes fesj^arties auec ccluy de ïhomme. Chap. VI» T A chofe de cefte anatomie du Dauiphin qui nous a efté la pP admirable &iébléartificielle,eft le cerueauÂ: fes parties, car les nerfs qui vôt deux a deux, qu on appelle les fept coniugatiôs. lot beaucoup pl^apparétes es Daulph[s,qu ils ne fontes noftres mefmes.Et auiïi quâd los de iô teft eft defcouuert de (a peau de deifusjil féble propremét'eftre le teft d Vn homme-.car qui auroit couppé le bec alOyeou auMarfouî,le teft en reftcroicrôd,lequeI regardé de toutes parts par le deuât&r par Je dernere;par la fûmité 8c par les têples,on le trouueroit mieuls reflébler a celui de 1 hom me,quenul autre teft quô lâche choifirde to^ autres animauls: car il ha les mefmes fucures^qu'a le teft de Phômep&entre autres notes les plus inlîgnes (ôt les os pierreux,nômez Ltt6ojdi;defquels il'en a vn de chafque cofte,&:au deiToubs duquel le nerf de 1 ouie entre au dedens du teft .Ces os font ineganls.:^ durs côme pierres creufes ou encauez par le dedens.Iay parlé par cy deuant des fuf difts nerfs, qui fe rendent es conduicîs delbuye, lefquels font ficftroiétsespetits^qubnnelespeultgueres bien veoir. Car en tant DES POISSONS MARINS. 38 tant que nature luy ha nyé les aureilles,elleluy ha baille ces pe- tits tious. Son cerueau ed enclos de les méninges ou mein- branes,quiionc fore robultes.Les ventricules ôcies deftours du cerueau,iont correipoadâts a celuy del hôme,& ha ainii la polte rieure partie lèparee de celle du deuant, deiibubs lequel cerueau les productions des nerts tant Optid, scoucoidts y Adenci, que Iesautres,lortent a couples hors le teft,lesvns par 1 antérieure par tie du cerueau,pour venir aux naleauxjôc aux yeulxjôca la lâgue: les autres par les coftez, qui iè referét aux ouy es 6c aux côduicls de la ièxteconiugation. 1 outs leiquels lont veus percer les me* njnges du teit .ht d'autant qu'il elt moult i'anguin> les veines dc artères y lont veues plus apparétes.Or après que i ay ampleméc delcnpt 1 intérieure de extérieure anatomie du teit du DaulphF, Icauoir elt de la ceruelleôc des os, 1 uyuât ce que f ay par cy deuât promis.l en baille maintenant la peincturedaquelie le tey premi remenc porcraire en Italie fur celle qui eft deiius la porte de lavil- le de Riminijiaçoit que nous I euilions au parauant veue a Rem me chez maiftreGilbcrt,&: a Bologne la graiie chez C£Jar Odoneo medecins:toutelfois nous en auons aufli a Pans en nollre puiflâ' ccpqu vn chalcù pourra voir côforme a celle preiénce peinct ure, Lej^ortrai^î des ojfemcnts de U tejlc d\^ Daulfhirf. Compa- LESECONDLIVRE Comparaison faiïleâcla nourriture des j^ctitsDaulj^hins^esycn^ très de leurs meres^auec ceile des ammauls terreJlres.Cbaj^. VII. T ES Daulphins neles Marfouins 3c touts autres poiflbns Ceta cees de leur crpece;que nous auons peu obieruer, ne portent point plus dVnpecit a latois.ttcroyquenacureneleuraitvou lu permettre autrement.Car les petits ionc dix moys en leurs vé* tres,ou ils deuiennent moult grands,tcllement que quand ils en iortent hors,ils iont deiia d vne inuiicee grandeur, ht il les Daul* phinsenporcoientdeux au coup,iltauldroit qu'ils ne creuiient pas 11 grands dedens la matnce,car elle en feroit crop remplie^ 3c n y auroit iuffilante eipace dedens le ventre des mères pour les comprendre-.veumelmementqu elles les rendent en vie defîa partaidh.Et encore que la matnceait deux cornes^couceftois cU les font aflez occupées dvn ieul Daulphineau. L'vne des cornes de la matrice n eft pas fi grande que l'autre.La queue duDaulphi neau ell quelque peu recourbée dedens la petite corne de la ma* trice;ôc aufli la lecondine ou tunique en laquelle eft enuelopéle petit,laquelleles Grecs nomment chwrion, les François 1 arrière faisjha vne longuepartiecôme vne queue pcndante,qui eft repli* ce iniques au fod delà luldi(5le petite corncLaquellelort hors la matrice auec le pecit,quâd d eft paruenu au terme de la lufte grâ deur,Hlle cftcompoiee d vneinfinitéde rameaux;deveines,li- gamencs,nerfs;& arteres^tellement qu elle iemble eftre quelque mêbrane iaignàte moult elpoille-.touts les vailleauls deflus dicts don telle eft tiilue,vontfe référer de l'vn a laucre, iniques a tant quils ibientparuenuzen vn corps compoié de quatre rameaux qui eft nommé Vracb«5, auquel les François nonc encor point trouué de nom propre a 1 exprimer,finon que en quelques lieux côme auMaine,ils 1 appellent laTnppe du nombril^les autres la corde;laquelle tnppe ou corde va ie inl'erer dedens les membres inteneurs du petit, par le nombril Les vns entren t dVn cofté;& les autres de lautre.Car en tant que le nombril eft colloque au milieu du corps,l vne partie du dictl: VracfiHs defcend contre bas. Sclautre partie monte contrenont/cauoir eft que la moitié va finir luftementen vne coche entre les lobes ou lopins du foye,af- lez près de la veine caue;3c nommeeméc baillent le nourriflèmet du DES POISSONS MARINS. 39 du fang &refprit Vital; AnimaI,&NatureI;prouenantdela me* rc^enucyéleansparleldids ligaméts tantaucœur,aucerueau, 8^membresprincipauls,qu'autoye.Cen'eftdonc pas merueille fiks douleurs des matrices que nous nommons la mère, l'ont fi vehemétes, veu qu elles ont li grade familiarité &: cômunicatiô auec les plus nobles parties de tout le corps^ôcaulli que toucs les corps font grandement tranfpirables, attendu que les petits ' melmes infpirent de afpirét dedés les fecôdines es vétres de leurs meres.Et pour prouuer celle chofe.Qu on tuevn animal pregnâc de loubdain qu on ouure la poid:rine de Ton petit; Ton voirra re- muer les poulmons&: Ion cœur.Touchant ce poindl ic nauray pasfaulcede telmoing de lauoirveu en vn Chameau delaifle Ibubsfachargeenvne plaine d'Arabie au voiage de monlîeur le Baron de Fumet gentilhomme de la chambre du Roy,en des- cendant a la ville nommée le Tor du mont Sinai au riuage de la Mer Rouge.Ie n'ay point eu de Daulphî en vie qui fuft pregnât pour experimétercelâ,touteHois le Daulphin ha toutes ces mer- queSjmaisilvitenautreelement.Orlcfang enuoyé au foyeeft diilnbué leans 3c a leftomach de aux inteftins,ou il eft cuict par la chaleur du foye:&: entre par lexcremité des va ks en chafque partie interieure,tellement que toutes font nourries du fang ex* terieur;qiie leur enuoie la matrice par la communication de la fecondine.Et encore qu'il n'entre par la bouche en leftomach, &:delaauxinteftins,{ieftcequ'iln'yapartiede dedens quifoit oyleufe,car Ion trouue mefmementledroict boyau, autrement nommé le gras boyau,cn quelque temps qu'on le regarder touf* iourspleinde lexcrement prouenant du iang,dont le petit eft nourri.Car comme il reçoit du fang extérieur dont il eft nourri, lequel ilnepeuIttoutdigerer,par conlequent ilfault qu'il fen face de l'excrement^rduquel quand il eft fuperflu, le petit len def charge en la fecôdine> comme Ion peult veoir chafque fois qu o vient a rouurir,6een ce temps la le lufdiét drcicl boyau nommé ReH«m inttjïinHyquc i'ay dicl eftre le plus petit es inteftins des pc* res,ilcftk plus gros es enfants. Voila quant a IVndes rameaux de VracÉMi qui monte au foye. L'autre partie des rameaux defêd en bas,6: fe vient lemblablement inférer dedens la veine caue, en tenant la vefcie tendue contre mont,6c diftribue de cela quil LE SECOND LIVRE r le porte tant aux veines des eynes que aux nerfs Sc artères^ jpour , naurniTeaient de coûtes les partiei i ncerieures. Au milieu de g^ quatre vaiiieauls,il y a vn conduict qui ie va rendre leans en vn^ membrane nommée des anciens a mmoi y laquelle eftrobuiteÂ: claire,mais elle n eft pas du corps de la tunique du Chignon autre- ment dict la fecondme.Car auiii ed elle par la partie de dedens, compoiee de deux pellicules enfermée auec le pecit dedens la fe* condine;eiquelles cil contenu vne liqueur reilemolant a leaU; li- non qu elle cil vn peu plus vuqueufe,a^ y en a quancicé ielon Ica ge du petit:car quand il ha lix moyspn y trouue bien vne quar- te de liqueur.reuilè péfé que ce i^uit eité ibn excremét de iVnne, n euil cité queie me fuys trouué a la tin du moys de tepcembre &:d octobre en diuerfes contrées 3c a pluùeurs i:ois a les obieruer, auquel temps les DaulphuieauX(&: Mariouineauxeitoient encor fi petits en leurs vetres,qu a peine pouuoienc iL auoir la groiTeur dvnenoiXySctouceffoisilsauoient deiîa ceite liqueur, auquel temps la {econdme ou cSoûrion elloit bien proportionnée a la grâ- deur des petits,car confequêmenc elle l'augmente ôc croiil quât &: quant euls.Ecamiî iuyuantle temps en portant leurs petits du rât rhyuer,prm:itemps,>3^ bonne partie de 1 eité^les rendent avne parfaicle grandeur:tellementqu ils les peuuenc garder dix mois. Et en cela le vucd bien conforter le dire d^Ariitote. Tay obferué en plufieurs Marioums 3c Daulphins ce que i ay dic% car durant l'hyuer leurs pecits lot ii petits^qu ils ne iôt guère > pl^ grosqu'ell vn barbeau:&: touteitois ils ont deiîa grande quantité de liqueur claire dedens 1 A mmoi:(5<: auprimtemps citants fort proches de leur iu(legrandeur,ils en ont plus grande quantité: 3C confeque- menti eilé enfuyuant citants paruenuz a terme, les femelles lot trouuees deliures,6c les petits qu'elles ont mis hors en la mer,inca pablesdeie paiftredeulsmelmesimourroientdefaim, n'eltoit que nature po jruoiant a tout ce quelle produit, aianrfoingde les nourrir,hadônédeux mamelles a /a mere,dôtles petits bouts (ont de chafque cofté avn poulce lomg de leur membre hôteux, mais ils font cachez au dedens,^: le per tuis qui les cache eft com me vne fente en la peau eitendu en longueur : lefquels les petits tettenccommevn autre animal terreftre. Ariftote hadict tou- tes ces choies çn moins de paroUes, car il efcript qu'ils por t et dix mois DESPOISSONSMARINS." 40 niois,6^ qu'ils vont deux a deux mafle & femelle. Vn paflTage en Pline m a leaiblédoijbcabIe,quandil eicripc qu ils Tacouplent au printemps. A^wnt(dic il) vere coniH^ia.Et fi ainà e(loit5]l fauldroit pour les laiions que i ay dicles^qu'ils enfancallent en y uer. Mais les autres exêpia:res de i^line ont, A^Hnt/erè cotHjia. Et c]uand ores on liroit vere,peult eftre que ce mot n eCt polt nom, ains aduerbe verè.De moy lâchant qu ils Pacouplent deux a deux &qu ils ne fe laiiient point IVn lautre,ie ofer^y peni'er qu ils habitent indif- féremment félon leur affection comme aulU fort plufieurs au- tres animauis.Ou bien volant quilsont vn temps député par na tureafengroirer&aentanternîme iemble que lene fauldray point en dilanc qu ils f engroflent en la fin del erté,ou(cômedit Ariftote)en A utône Caccouplàts malle 6c femell e;ôc fe mettâts leventredelVncontreceluyderautre, ala manière des hom* mesiqui eft vne chofe qu on a aufll efcript des Ours. Reprenant maintenant les choies de plus loing,aiant par cy deuât parlé des membres honteuls des mailesjil refte a parler de Tanatomie de la matrice des femelles;ô<: de leurs petits, & comme ilsfont con* tenus dedens VEm^rjûn-xâr après que i'ay trouué que lesDauIphîs commençoient des lautône a auoir forme défia gros comme V' ne noix, &: qu'en yuer ils eftoient de la grofieur d Vn Carpion , de ainfi voûtez leans:5^ que au prim temps ils font défia fi gros qu o ne les peult empoigner des deux mains: &qu'en elle ils loient paruenus a quelque defmefuree grâdeur telle qu on n eftimeroit pas:il ma femblé en bailler la peinclure,tant des petits que delà matrice,lefquels eftoient au f)arauant enfermez dvne tunique quefayfouuêtnômeelecondine, laquelle après l'auoir rompue i ay couché le petit defius,&: faicf peindre ainfi attaché par le nô^ bril;Commelepre(ent portraicl demonftre.Ce que l'ay nommé tunique, les François le nomment larriere faix,delaquelle(com me f ay ciit)rvne des parties entre en l'autre corne de la matrice. Le petit eft trouué creu leans en yuer de la grofleur d'un Carpiô, alors il ha fa queuerempheaplat,maisfurla fin du primtemps il Tha quafi en cercle lunéi&hal harefte de deflus,couchee contre le dos'&fi c'eft vn mafkjvn petit bout du mébre hôteux luy fort hors;3c fi c eft vne femelle,le mebre feminî apparoift fort euidét. LE SECOND LIVRE Ils ont aufll les aelles couchées contrele corps. Les mafles oultre le percuis de Texcrenienc en ont vn autre au defïoubs:IequeI per- mis neft point trouué es plus grâds;&:encor que iaye voulu luy ure lediâ: conduicV, ie n ay fceu Icauoir quelle part il va;car il fe départ incontinent en deux rameaux. Les petits oncvne merque itîemorable,qui eftvn enleignemét de leur iens d'odorer,ceftque aux deux coftez delà leure d enhault afTez près de l'extrémité du b€C;ils ont des poils de barbe, qui (ortent hors la peau alTezlon* guettes;&: durs comme Ibye de cheual'.lefquels poils ne font pas en IVn comme en lautre.Car l'Oudre en ha quatre de chafque co fté,mais le Marfouin n'en ha que deux.Suyuant ce que i ay pro-» mis bailler la figure d vn petit auec fa matrice,i'ay bié voulu pre* mierement dire,que tout le portraid ainfi que ie le baille,eft nô* mé£mÉryo;car aîfi eft nômee toute la matrice entière auec le petit. La j^miiurc dcl' Embryon à\n Marfouin. DES POISSONS MARINS. 4I T E petit eft en peinture deflus le CSoûri^ityOu t uniquc,ou larric re taix, eftenau fur la matrice, ainfi qml ha cfté trouué de* denslVne des cornes, auquel VVracijHsciï attaché au nombril. Les telticules delà femelle lont de chafque cofté defloubs les cor^ nesdela matnce.Les vreteres de la femelle (ont de chafque co- de de la veicie,qui eil peincle fur le col de la matrice. Voyla vne brietue explication de ce que l'œil veolt extérieurement. E xfltcation de ce ^uc la ju^dtïlci^cinciun contilt intcrieun rmcnt. Chap. VIII. l 'Ay défia didt que les membres honteux des Marfouins mafles auoientplus d Vne paulme en longueur: fcauoireft autant que comprend lexcremité dupoulceô^dupecitdoigt; quiaucremét eft la meiure de douze doigts :& que les mebres desDaulphîs n e> ftoienc pas li lourds ne gros;6c qu lis n auoiét point plus de huiâ: doigts de longueur:par conlequenc auififault il croire que les fe mclles des fuldiéts; aient membre correlpondant 6eproportion- néauxmailes:&:queles Marfouines;aienc autre côdulél que les Daulphines.Voulanc donc maintenant pourfuyure d'ordre a nô mer chafque chofe de la iufdid:epeinâ:ure,ie commenceray au premier conduict de la nature,lequel eft fort fpatieux par dedés, mais rentrée en eft trôcee de rides qui la font eftrecir: de combiê quelaDaulphînefoit blâchedelîoubs levétre, (i^eft ce qu elle ha le conduicl honteuxnoir a lêuirô, Se a vnpoulceloing aux deux coftez,ily a deux petits trous fendus en lôgueur,quilôt les trous des mamelles;6<: au deffoubs de la fufdiâre bouche hôceufejcôtre bas,eft le pertuis de Icxcremet, qui eft fort rôd 3c petit au regard du defl uldicl qui eft tédu en lôg:to l'étree de ce deif^ dit côduiâ: hôteux il y a quelq; petite pellicule ou reifort^qui péd de la partie d'enhault,laquelle le ne vueil nômer en Francois^côbien qu'elle ait nompropre,cariIefthonteux:laquelIe cachele conduidrde IVrine venant de la vefcie.Entrant quelque peu au dedens l'on trouue deux callofitez ou durtez des deux coftez quelque peu ef leuees correfpondantes aux hymenes, lefquelles tiennent le per- tuys du conduit honteux renfermé La capacité de ce conduid: de la fcmelle,par le d€dens,eft longue de quinze doigts de Tin ter ' '" ' L. ualle LESEcoND Livre ualleoudiftancedervneentreeou bouche a l'autre: fcauoir eft de celle du dehors a l'autre qui eft interieure.ElIe eft fort tiflue de rides,quilatiênenreftrecie,a^ eft moult blâche par le dedens,auf fi qui veult,elle feftcnd en telle largeur, qu on y pourroit faire entrer vn œuf par l'extérieure entrée honteufe^ôcle conduyre fans le rompre iufques a l'autre féconde entree,laquelle eft la pre* miere clofture, entrant par le dedens en la matrice . Cefte fécon- de entrée eft moult eftroicle,^^ pour la bien veoir,il fault la regar der par le dedens de la matrice, alors on trouue changement de couleur :car ou celle fubfdidre capacité confiftoit en blancheur, alors elle prend fin ou la féconde entrée commence, & la elle eft compofee auffi d Vne cheuelure, qui eft faiéte des extremi * tcz de plufieurs veines &: artères, qui font de diuerfes couleurs^ comme noires,rouges,blanches;bleués,grifes;fe touchants IVne a lautre.C'eft la que commence celle fecôde capacité qui feftéd en la matrice,dedens laquelle le petit eft enclos auecla fecondi* ne.La matrice eft embraifee pardeflbubs de touts coftez dvnc infinie cheuelure de veines,qui fe terminent par les bouts de tou tes parts en ladiclematrice,lefqueIlesfortentdesrameauls delà veine caue,par le derrière du membre honteuxj&fuyuêt parles coftez montantcontremont,&:fe infèrent parledelfoubs fur la matrice. Mais le petit eft leans enuelopé de fa fecondine, laquel- le fort quant Scquant Iuy,dedês laquelle il eft totalement en tour- né de toutesparts.C'eft vne notequi ne conuient pas a touts ani* mauls qui rendent leurs petits en vie,ne melmement auxpoif- fons cartilagineux.Car les R.l3itte/,que les François nomment An- ges de mer,& les Rouifettes de les Chiens de mer , rendent leurs petits en vie;lefquels ne font pas enuelopez de tuniques,mais feu lement font conioinfts de VVracèus par le nombril a la matrice: nous auonstrouué telle foisqu'vn chien de mer de petite corpu- lence en porte vnze d vne ventrée, mais difpofez en forte que latefte en fort la premiere:chofecômunea toutsanimauls. Que pkfîeurs animauh renient leurs petitsfansfecondineSy mais mils auoient efléforme':^enoeufs en la matrice.Cha.IX. QVant a ceuls qui font ainfi attachez a la matrice par le nôbril fans DES POIS SO N$ M AR IN s. 4X fans tunique,il fault entendre qu ils aiét premierem et efte leans creezenœuf:&rpuis delà petit a petit prénenc leurs formesdedés les ventres,dontalaparfinfontprodui(5ls lespetits,kfquels en- apres les mères mettent hors toutsnuds fans lecondine. Voyia quant aux poiflbns cartilagineux qui en naiflantlont exclos las aucun enueloppement.Mais des terreflres laSalmandre rend les petits en vieia parfaiéls;6<: qui Icauent chemmer des Theure rnef me qu'ils ronthors;&:dequarâteoucinquâtequellerend, ilny en a pas vn éuelopé de tunique,nô pl^ que les petits de la V ipere, laquelle réd aulîi lès petits en vie, l'as lecôdinesxar les petits fu- rent premièrement en œuf en la matnce,mais a les elclorre elle les réd lâs tuniques;CÔme maiftrc Pierre Geodô,tre(expert appo ticaire,ha vcntablemét obferué.La Chauuefouris auffi, rend les petits en vie (as tunique:ce que ne fôt les Rats,Souris,Taulpçs, ôc autres a qui elle eft iéblable.Les Infecles auffi corne font Pha* Iangiôs,&: hfcherbotS;CÔçoîpuentféblablemét les œufs en leurs ventres,dont puis eft procréé l'animal lans tunique,lequel ils gar dent ia parfaiét loubs leurs poidrrines.Mais le Daulphin,leChaul dron,l'Oudre;le Veau de mer,&: la Baleine,ne font pas ainfi:ains font leurs couches lans l'aide de cculs qui relieuent les petits, 3c toutes fois il ne laifle a fortir grande qualité de fang du nombril du petitqu^ilsenfantent^s^ principalement quand ils lèparét les tuniques ou fecôdines. Et fault neceflàirement après que le petit a efté rendu hors la matrice de la Daulphine, que la mère luy fe* parelafecondmeauecles dents,&:laluycouppe^ ieparedunô' briI;Com me auflî font touts autres animauU a quatre pieds, ainfi qu'ils font apprins de nature.Iauoyaceflé de parler des veines qui fortent du corps de la veine caue, 3c entrent par les eynes en la matrice,quifontcellesqui baillent la nourriture au petit; la* quelle nourriture luy eft premieremét cômuniquee par le raoy^ en de fa tunique: carelle eft comme vne efponge humide, la- quelle appliquée a vneautre,la rend humeélee, tellement que de lamatrice,lenourriffemêtpeuIt facilement paifer a la lecôdine, laquelle n'eft aufli qu Vne malle de vcines,non plus qu eft la ma* trice.Ceci ne foit trouué difficile car toutes fe rédent a YVracf)Hs, quieft vn (eul corps ou fe referêt toutes autres Lgatures de la fecô dineafon nombril. La matrice des Daulphins eft cochée a la L.2. fum* L E StC ON D LIVRE fummité;Car elle ha deux cornes qui feretreciflent contre bas,Ief quelles fontvoultees de chafque cofté a la manière dvn arc tédu; ^ccroyque naturerafaidl pour donner lieu a ieitomach; 3c a chafque corne il y avn genitoire,qui fonc deux en nombre^beau- coup moïdres que ceuls qu o veoic es ma{les,leiquels enuoiét vn conduid de chaique cofté qui i'e réd aux paraftaces, pour porter la lemence laquelle ils ne rendent pas en la matrice; car lesyaif* ieaux la conduisent dedens la capacité du membre honteux de la icmdkfdc non pas en la matrice/cauoir eft entre les deux CO' duids ou ouuertures du membre hôteux^que l'ay délia delcript, mais plus près de celle de la matrice que delautreexterieure.La^ quelle choie fe peult prouuer,comme ie diray cy après : mais il tauit premièrement entendre que c eft la raiionpourquoy quâd les femelles ont conceu,encor que la iemcnce foit entrée par lou uerture de leur matrice, & que la matrice foit ii eitroictement fermée durât qu elles lont grolTes^qu'il n y entrcroit ne fortiroit de leans choie qui fuft de la groiïeur d Vne poincf e d'elguiUe de^ Iie,touteffoiseftantsain{ipregnantes elles ne laiflent pourtant a ied:er leur iémence 3c la mettre hors par le membre hôteux que iaydidquandellesf accouplent auec le malle^tout ainfi côme quand elles n'eftoiêt pas grollés.Or fi cela eft vray que la matrice loit ii eftroidrement fermée quand elles font groffesjauiïi fault il quil Ibit vray que leur femence ne pâlie pas par dedens la matri ce,car elle y demeureroit enfermée auecje petit: mais comme i ay dict;la femence des femelles fuiuant le conduid des parafta tes,paffe par les coftez de la macrice,&:eft rendue a l'entrée de de des la capacité du mébrehonteuX;lequelpuisnerempefchepoïc de fortir.Ceci foit entendu de toutes efpeces d animauls.Mais le petit Daulphin^ou autres de fon efpece,eftant en la matrice^por^ te plus fur 1 Vne corne que fur lau tre,laquelle eft plus fpatieufeSc large que n eft l'a utre qui eft vuyde, D'\n Marjouineau trouué au Centre de Ja merCy lequel vource quil ejïoitft^Yand^futj^rcfcntc au Roy Irancoys. Chap. X. TEneveuI palïeroultre fans cfcrire vne chofe notable que i'ay ouy DES POISSONS MARINS. 43 ouyracompter touchant le Marfouin.Cefl: qu'il foit aduenu a vn niaiiue à iioitel de chez le Koy-jd'auoir trouuévn fi grâdMar foum deaei)s le ventre de la mère, qu il ne le peut veoir finô par grand admiration, parquoy il le trouua d autant plus digne de le taire veoir au Roy irrancoys, lequel tut fi grand admirateur des œuures dénature, qu il voulorc expreiiéent qu'on luy prelentaft toufiours quelque choie ue nouueau; auiii on lc luy preieri'- ta onc choie tant fuit petite,qu il ne 1 eilimail grandement,& v fait de grande libéralité a ceiuy quilaluyprelentoit. Mais après quileut veuvniigrandpoilionquonauoittrouué auvétredû Mario uiii; alors il commanda qu on luy appellaft ceuls delquels il attendoit en auoir certain iugement,mais ils furent d-opinion toucha ntcecy^queleMaribuinlauoitâinfiauallérdifants que les poiiTons fe mengeoient IVn lautCe> non lâchants que les Mar- iouins portaflènt leurs petits iî grands j6^ qu'ils les rendiilent en vie .Or ceftefoislaon auoitauiii amené vnpoiflon Chauldron quant ôcleMaribuin,lequel.Chauidron il voulut veoir départir en piecesj ôi le bailler aux Souilles de la garde; car il n'en voulut pas manger.Toutes lelquelles chofesie n ay pas veu moimefme, mais ceci me fut dict en regardant ouunr vn Marlouin a fain<5t Germain en laie, preients les JUcuicrs^dc quelques maiftres d ho- ftel,quidilbientenauoir trouuévne cinquantaine de petits en leurs vies es ventres de leurs mères: mais qu ils n'ont ibuuenance d'en auoir onc trouuué plus d'vn petit au coup.Semblablement nous auôs toufiours eu ioing derecouurer les petits de ceuls qu'ô apportoitaux halles aParis, car la couftume eft de lesénuoyer ie* iâerenlariuiere.Enforte que nous enaions eu telles fois qua- tre a vn iour de vendredy,du moys de May . Mais ïe n'en . {ceu onc veoir plus dVn a la fois, combien queie feroye bien d'opinion qu'ils en peuuent auoir deux, comme Ariftotei'ha cfcript . Voyla touchant le nombre despetits que le Daulphin, 3c Marfouin portent en leurs matrices. Defcrij^tion de tinterieure anatotnie âc tOudre,(^uc les La tins nomment Or ca. ^^ . -.. Ckap. Xj, j-t-* jk.> ^ fin de diftinguer chafque chofe en fon chapitre particulier, L.j. après LESECOKDLIVRE après que i'ay baillé l'anatomie interieure,& tout le difcours tant du Daulphm que du Marfouin;! ay bienvoulu bailler lanatomie intérieure du luldicT: grand Marlouin que i ay nommé vne Ou- dre,dontiay défia defcriptlexterieure.Hc fault noter que lanato mie intérieure du Daulphin,du Marfouin^&rderOudreeftfem* blableen toutes choles.Et en regardant exactement, ôc cherchât quelque merque qui les difcernaft,ie n ay trouué ditferéce aucu* ne,finon en la ratte,que lOudre ha dVne feule piece:&: la langue qu'elle n'ha pas cochee,finonvn petit par le bout. Cela efttout arrefté ôc manifefte^que iamais toutes ces efpeces, ne font leurs petitsqu'en temps d efté:car oulcre que Arillote hommeverita- ble nous 1 ha afleuré,nousrauonsauliï trouué par experienccjfui uantrobferuationquenousenauonsfaicliournellement. Il ne refte rien diniîgne a defcripre de TOudre finon, quilluy ad* uient (comme auflî au Marlouin; Daulphin;& Baleme)d'auoir la gueule eftroide;^: le conduit delà gorge depuis la langue luf" ques a 1 eftomach de la partie du reuers,c eft a dire quele tuiau de l'artère eft entre deux:tellemcnt qu'elle ha la gueule de la partie dureuers:auflifaultilquelleferenuerieala manieredela Balei* ne,6c des autres poiiTôs qui ont pouImon.Onluy trouua diuèrfes fortes de poifl'ons dedensTeftomach^cômeRayes^Gournaux, 3c Viues. Semblablementauoitle foyc fans fiel,&: mefmes poul- mons & diaphragme que le Dau[phin:&: fi grande quantité dm* teftins^que a peine y en auroit il autant en vn bœu t Qutl ny aitpint de dijferencc en la defcrij^tion delà ma tricc du Daulphin^auec celle de l'Oudreou Orca. CXI. Te nefcriray autre chofede fa matrice,en tâtquei'ayfaidrpeî» dre celle duMarfouin,a laquelle celle de TOudre eft lemblable. Touteffois i ay aufTi bié voulu faire peîdre le petit Oudreau delï^ fa tunique ioignât la mere;ainfi que le peinétre induftrieux mai* ftre François perier la veu hors de fa matrice>ou le petit eft quel- que peu rephé,toutainfiqu eft celuy du Daulphin: il ha quatre petits poils de barbe de chafque collé des leures. Les Marlouine^ aux n'en ont que deux:& touteffois nul des grands ha cefte chofe la, DESPOISSONSMARINS.' 44 Ia;&:mefmcmentAriflote Cefinenieille, que il n'y ait aucune apparence des conduits du fens d'odorer es Daulphins:Ie(quels touteftbis odorent foigneufement,laquelIe chofe ie puis aufli bié référer au Marfouin&Oudre. Les fufdiéls poils tumbentaux Oudreaux en croiflant:& quand ils ont pafle demy an, il ne leur en demeure aucun veftige,ne de poil, ne de pertuys. Les petits Oudreaux font beaucoup plus camus que ne font les mères: car deïorcequ'ils font camus;ilsontvne coche enfoncée dedens le frônt.Oultrelafecondineencor ha vne petite pellicule déliée, qui eft la première peau dont ils fôt couuerts,laquelle eft moult délicate 6c tendre &: polie: car celle qui eft par delfus le dos, ne eft finon^vneconfufion déveines treffees. Et les ligaments de fa fecondine,qui font attachez au nombriljfôtmarquettezdequel* quesafperitiez, comme Til y auoit des petites perles femees par deflus:lefquels fontauifiau Daulphin,ôc au Marfouin. Comment la chair du Marfouin ejl dijïinguce de celle du Daulj^hin^^afcauoir quelle eJl la meilleure. Cba. XI I^ . ' \" T ES vi uendiers de autres gents qui voient iournellement trén^ ; cher lesOyesou Daulphins,& les Marfouinses poiflbneries, fcauent bien lequel des deux eft le plus requis pour eftre le mciU leur a manger.Et combien que les mterieures parties des deux comme font les trîppes,foye)poulmon;&: le cœur,ne foyent pas. eu gouft fi différents qu eft la chair, touteffoisauant elcripre le gouft d'entre leurs chairs ievueil premièrement donner vne par ticuliere note qui diftinguera IVne de l'autre quand ils ferôt veus trenchez defifusTeftal en pièces. C'eft que le Daulphin ou Oye n eft pas fi gras qu eft le Marfouin. Et pour autant que le Daul- phin n eft pas fi gras,aufli eft de meilleur gouft,&: beaucoup plus profitable ôc plus deledrable que n eft le Marfouin.Par cela ceuls- qui font couftumiers de veoir fouuent touts les deux 6c en ache- ter, prennent plus voluntiersdu Daulphin ou Oyé que du Mar^ fouin,fuyuant leprouerbe François qui dit,queks plus maigres poiflons font les meilleurs;c'eft a dire que ceuls qui Ibnc naturel* lemêt i.E SECOND LIVRE lement grâS;ne font pas fi bons que ceuls qui font naturellemét maigres.iVlaisqu vnMariouinouauaepoiflon gras de nature, exténué ôc amaigri foie bon,cela n encens le pas,ains de to^ poif- fons de quelque nature quilsloient les plus gras en leur eipcce (ont touliours les msiUeurs.Celî: allez parlé dVnc celle viande cooimeeil celle du IVlarlbmn ^ du Dauiphm,doncie me cimer ueille corn mène elle, foie deuenuetanc cliere,qu il ny aie que les grands leigneurs qui en puiiTencauoirj6CCouceiiois il n y ha au* theur qui aie iamais dicl qu'on en mengealt anciennement. Que les anciens nauoient j^oint accoujhmé de mander du Daulj^bin^ Chaj^. Xi I II. QV onlifeles efcriptsdesautheursanciens,tant des Philofo- phes de auifî naedecins, que des tnodernes,&: fi Ion en erouue quelqu u qui ait iamais elcripc,qu on aie anciennemenc mâgé de la chair du Daulphin,ne qu elle fuftiamais mangée de leur ceps, ie (uys concenc qu'on ne me croie pas . Galien ha bien efcript, que les grands poiifons démènent meilleurs d eftre falez, 3c qu'ô pourroicbien manger du Daulphin,mais non pas qu on en mâ^ geafl:,au(fi pour bienlelouer,c'eftvne viande qui feroïc pluftoft a laiUer en U mer qu a élire mife en IVfage des homes, car met mement ne les Loups ne les Regnards affamez nauroient cure d en màger,encor qu'ils deuffenc mourir de faim, chofe que nc^ auons crouué eftre vraie aux riuages du Pont Euxm, ou nous en auons veu vn mort,qui demeuroit ians eftre mangé.Et croy que fi les oyfeaux de belles fauuages euiTenC eu cure d en manger, on ne l'cuft pas crouué la CouC entier.Ec Couteffois il eft au gouft des François le plus délicieux de coucsautres poiiTons: Se monce a fi hàulc prisdéeaillé de vendu en pieccs,que fouuenccffois vn (eul fc ra vendu plus de cinquante efcuts,aulu il n'y ha aucun autre poif jfon a qui Ton f çfforce de faire meilleure faulfe qu a luy,ne regar^ dant point a la defpefe qu'on y faicl pour la faire bonne ie feroie bien d opinion que de n en manger point feroit pourle meilleur. DES POISSONS MARINS. 45 Que l'artifce des hommes pijje excufer le default de na» ture,^ donner bonne grâce au mauuaisgoujï desj^oijjons. Cha^. X V. QVyuâtcecy,ievcuI racompter combien lartifice des homes peuk adioufter a naturercar les paoures mariniers &:petcheurs, aiants pris des poiflbns quid euls mefmcs font de faueur ingra- te;CommeibntIesefpecesde Chiens nommez en Latin GaUif ou pluiîeurs autres cartilagineux; comme Lamiay A^mia^ôc ceft ui ci quei ay icy portraicl nomméZyena,ou LiStiiaiils leur (cauent fai revne faulce fi propre,que la faueur de la faulce furpafl'e la faueur ingrate du poilTon, laquelle leurofte la mauuaife odeur, Scies rend delecïables:&: tout ainfi que les plurielles font telles faulces au ec bonnes Mufcades>Girofles,Macis,&: Canelle battu e,Bf;ur re,Succre,Vin aigre^Pain rofti:Iefquelles choies le s cuifiniers a- faiiônentfi bien au Marfouin,queencor qu'il fentift leRegnard efcorché^touteffoisils le rendrôt dVn gouft plus friâd,Squi eft beaucoup moi, ils 1 an- crent fi auât ,en forte que le Harpô y demeure fiché, M.2.« I I L B SEC OH D t I VRE Car il ha les arrefts des deux coftez, quincfortentpasaifecmêt. Toutcffois fi le harpon n eftoic attaché a fi longue corde,le Daul phinfe tentant frappé,de la vifteffe qu'il delloge, ildefchireroit pluftoft fachair,qu'iIn'erchapaft.Et pour cuiter la première vio îence 3c fecoufle,on lattrerapc auec tel artifice. Ce que nous no' mons Harpon, les Italiens l'appellent vna Dtij^dinicra . Lesmari^ niers qui vont en voiage loingtain, en portent expreflement en leurs nauires pour lancer indifféremment fur toutes efpeces de poiflbnsCef^îceei.Et côbiê que i'ay diâ: que les Italiens ne mâgent point de Daulphin,i entens du commun peuple, qui aiant d au^ très chofes a commandement , n'eftimc rien la chair du Daul- phin ou Marfouin. Mais les gents de marine,eftants fiir mer en leurs vaifleauls,& principalement fur nauires qui ne touchét ter^ requafi pas en vn mois ou deux vne fois^n'auroient efgard a ma ger d Vn Regnard de mer,côbié qu il eft du plus mauuais gouft qu o fâche poît trouuer en la mer,du quel la prelete eft la figare. VeirjHure du Regnard de tner^ Voila donc vne manière dcpefcher les Daulphinsauharpon. , L'autre manière dpnt i ay parlé,eft qu'ils fcnuroullent & cm- peftrent DES P OIS s O N s M Altl NS. 47 peftrent quelques fois dedens lesfillets qu'on auoit tendu a pren* dre les Celerîs &Harcs,&rautres poiifôs Téblables; tellemct que'ne fe pouuants deffairc, demeurent prins en cefteforte. On les frap- pe quelques fois de larbaleftre, & delarqueboufe en la mer, ôc auflî auec des picques:mais ils ne viennent pas en la puiffancc de ceuls qui les ont frappez-.Iaquelle chofe eft aufli faicîe rarement 8c fe faicl en temps calmelors que les mariniers font deloifir,nc fâchants a quoy f amufer ne palTer le temps. Qu'Ô nefalle k Marjouin ^Daulfhîfmo en îrace. C^ XVIII» "Cntreles falures frâcoifesdes poifTôs Cetacees necognoyque •*^laBaleine,leMarfouï 3c fOye.'dôt no^ayôs quelque vlage,def quels il n'y a point es autres pais duLeuât,mais ils en ont d autres a lefchâge^dôt auflî no^ n auôs point dViage.i^iftote ha entédu, que les poiifôs nômez enLatin Cetacet,fôt ceuls qui font de gran* de corpulence de qui rendent leurs petits en vieitouteffoisles au* très Grecs ne Font pas du tout enfuyui en ce dernier poindts car le trouuc que lepoiflbn nômé lcf)tyocolU,3c aufli Lifcfta ou bié iiy^tna,dc le Ton,comme les Rouflettes 3c les Chiens de mer,6nt efténommez Cetacees. Dont les vendeurs de tels grands poif* fons,comme eft laTonnine^ont efté nommez Cetanj;qui indiff^î rcmment vendent toutes efpeces depoiflonv fallez en leurs boa çtiques. Les Marfouins &: Daulphmspeuuentbien eftre efcor* chezpour en garder la peau iufques a quelques annees:chofe que 1 ay expérimentée eftre vraie, dont mefmement monfieur Ron^ delet médecin de Monfeigneur le Cardinal de Tournon^docleur régent de Montpellier ne me deldira pas:car luy qui fur touts au- tres perfonnages eft diligent a recouurer les peinc'tures des poil- fons,&:qui en ha ia afl'emblé près de mille différées, lequel côbien qu'il cuft veu plufieus autres Marfouins , 3c en euft les portraicls touteffois il eut plaifir deveoir ceftuy la ainiî rempli que ielui fei vcoir. l'auoyea dire ceci duDaulphi,Marfouî,&: Oudre^en prou uedes peinétures des Daulphins que i'ay maintenu,&:maintiea- dray eftre lesvraies.Quatal'anatomie queiaydefcripteieveul bien faire entendre ne l'auoirfaicle en cachettes, ains lauoirfai- âepubliquement,ranpa](féau Collège de médecine, lors que M.j, mon* LE SECOND LIVRE Monfîsur Goupillifoit leDiofcoride ea Grec, auec moult fré- quence crefgrand audicoire,^ iaqaeUe anacornie^iiiita vne tîcude de plutieurs (cauancs eiboliers médecins : 5c m aiieure qu'il ne l'en crouuera vn de ccAs qui eltoienc preiécs; qui ne die que le ne i'aye monih'ee beaucoup plui» par le menu que ne lay deibnpce en ce preieac liure. Parqaoy ayanc auiii coucné les pnn cipauls poincti",c>e acLieué ce que i auoye a deicriprc; i ay icy poié pour faire fin. Yray j)orcratci dcHip^o^otaniAS auec toute (a deJcri^tio^Cj^l^. t N deicripuantle Daulphin^iay promu queie comprendray quelques autres annriauls^qui ie repèrent a vn genre de ceuts qui lont nommez Cecacees:i*cauoir eit de ceuls qui loue de gran* de corpaience;8c enfancenc leurs pecits en vie:deiquels le crouue que iHi^po^joWfîiJii en eil 1 vn.Car li elt vn animai du gère de ceuls quifont nommez Afrtjfcbia, cell adiré qui viuenc en cours les deux elemencsic'etl a Icauoir en reau,ô<:t"ur la cerre.le le veul dôc defcripreauec leDaulphîn^pourceque leDaulphin etl animal aquacique,conuenanc en ce auec rHtppu^uta:ti«5,qu'ii ne puiiîe vi* urelôg tépspl6géenieau,qull nelutcôuiénepareiUeméclorcir pour refpirer enl air:mais 1 iriij^j^oj^otamHs ha cela de parciculier dif terécau Daulphin,qu'il ell animal aiàc quatre picds,& viuac lôg téps fur cerre,ce que ne faicl pas le Dauiphm. Parquoy faifâcfin, metaifatdu Daulphi^ie prédray l'Hippop^tamn^. LHi^popotawHi eft vnno,queIesLatîsoncépruncédesGrecs^ne ligniiiâc aucre chofequVnCheual de riuiere: lequel lamais les Lacmsnevou- luréc Courner en leur lâgue,aîs lot coulîours retenu; féblablemêc a leur imitatiô en le delcriuât,ie reciédray la mefme dictiôGre- que d'Hippo^ûtamHsidixqud les aut heurs ont parlé tât diuerlemet, qu ils ne côuiénêt enfébleen ledefcriuât.EttoucainfîquelaLou tre;&: le Veau mann,le Caftor,&le Crocodille fe peuuéc tenir lôg têps en Vcàu,dc pluslôguemet en terre, féblablem et aullVfai^ le Htp|>opotam«i.Quâtaux defufdicls;cef6t animaulselcjuéls il n'y a di&iculté aucune,maisellecft moult grande en l'Hippopotam^ii-.du quel iepretés bailler lavraie peic'ture.Car no^ l'auôs veu en vielle quel auoitdefia demeuré hors 1 eau l'efpace de deux ou trois ans las point y rentrer,felô ce que nous en auôs peu entédre de ceuls del'hippopotamvs 48 qui en auoiét le gouuernemêt.Pline a efcript que JAarcns Scmms tult le premier qui le monitraaRome.Pôpeeaulîi triûphâtdes Egvptiés en kit ipeélacle au peuple Romain. Di^n eicric,que D, An^ujtHs triûphàt delà Reyne Lieo^atraycn teit auiiileièblable.Les anciens aucheurs,qui ont defcriptlHippopotflmwj^nel ontpasdef- cript fort amplemét:mais ont elté côtents de TauGir pallé legie^ remét:^n y a periône d'ctre euls qui en ait eicript plus a la venté que Anftotedequel la ibit qu il eult peu lire la dei'criptiô de ÏHi^* jpopotam»5 en Hérodote en yne autre maniereitouteltois ilTa nn- ie autrement queii a faic5l Hérodote. De moy le 1 eicriray n ai ant eigard a autre choie, fi nô a ce que 1 en ay veu.t t pour demô^ ftrer la grâdeur de celuy que i ay veu>il tauk premiercmct luppo ier qu o voie vn porceau bié gras^bien nQurn,biê trappe, de aiiez hault,qui ait cômevne telle de vache i'âs corne s: laquelle ibit de niefme la relie du corps. Ce porceau dônera la peripecliue d vn Hippoporflmwi.Car ÏHij^pj^otamns ell couuert d vne peau quicôuient auec celle du porceau, tât en couleur qu ê autres notes, l'entés vn porceau domeftique qui n'eft pas noir.Mais ÏHivj^Q^otamHs a la te- lle fi enorme«Sv'grofle,6<:la gueule fi grade quâd il i'ouure;que mef me le Liô baillât n ê approche aucunemêc.tellemét qu'ô y mec- troit facilementvn globe pl^ gros que n eft la telle d'vn hôme,ou autre choie iéblable.ll ha les naieaus enfler çôme ceuls d^ûBeuf: aufl^i paiil il l'herbea la moded Vn Bœut^ouCheual.-ll ha les le- ures fi eminétescS: efleuees,tât celles de delT^quc les autres de dei* foubs,qu'il en apparoifl:,tout cam^,ioinâ: qu il ha le frôt bic bas, alamanieredei'Orca.Ilhalesdctsde cheual faides de meihie façô,bîê fortes de lôgues hors des maicfaoueres,quî ne lot pas ay* gues,côme es animauls qui viuêt de chair:car il vit des rouleaux fie ^cânes de iuccre&fueilles de l'herbe de Papier, llha les yeulx moult grands corne les yeux dVn Bœuf.liha la langue du tout- a deliure-.mais le ne fcay quelle grade voix ii tait.Bic eft vray que Hérodote ha eicrit qu'il hénit cômevn cheûàhie lui ay l'eulemêc ouy faire quelque voix du gofier ouurât fa gorge. Il ha la queue courterôdeScgrolTecômed vne Tortue ou Porceau. SeS'aarei!le&' eftoient courtes comme celles d Vn Ours,ronci€s,3c me fem- ble auffi qu'il auoit les pieds ainfi que font ceuls dvn porceau. LUS ECO ND LIVRE qui n efloient pas beaucoup diftinguees, voila quât a rextcrieurc peinCture de 1 Htppopotawwi.Nous n'auons rien a dire de Tinterieu re:car auiiine Tauons nous pas eu en noftrepuilfancepourle pou uoiranaComifer.Au demeurant il me lemble que ceuls qui ont penlé que Htpfopotam»i fuft vn animal terrible ôc cruel,fe l'oient trompezrcar nous Tauons veu tant douls qu'il n ha les hommes en horreurpams lesTuit amiablement:& auUi eft il tant pacifique de aiiéa dompcer,qu'il ne Telforcede mordreXe vulgaire des Ita hens,&: principalement de ceuls qui (ont refidents aConftancino ble,le nomment en leur langage ie Bo marin;cdl a dire le Bœuf de mer.Car comme l'ay deUa dicl,il ha la telle comme vnBœuf (ans cornes:mâis les Turcs ôc les Grecs le nommants en leur là' guage;ont vne diction qui lignifie autant que fi nous difionspor ceau de mer:car il ha le corps deporceau . C eil l'vne des belles qui ell en Conilantinoble,que les eftrangers qui viennent la^ ap* pètent le plus a veoir:mais il n y ha perlonne de touts ceuls a qui i'ayeoncpirlé;qui me l'ait nommée Hippo^otamxi. Et combien qu'il y ait vn lieu en Conftâti noble moule voifin del Hippodro- me,lur le chemin de Saméle Sophie,auquel font gardées les be* lies cruellcj,ou nous auôs veu des Lynces ou Onces,des Tygres desLions>des Liepards,des Ours,des Loups: lelquels les Mores gouuernent,ne le taignants de les manier non plus que nous fe- rions vn^chat priué. routelïbis ils n ont rHippopotamxi en ce lieu Ia>mais ailleurs en vn lieu qu'ils nôment le Palais de Conftâtin: auquel lieu font monftrez les Elephants.Quand quelque eftrâ- ger vientla pour veoir ledid: Hipp o|>oum«j, on ieluy moallre dô* nant quelque pièce d'argent.Ils le font fortir de (on ellable fans e ftrc lié;&r lans auoir aucune crainte qu il morde. Alors fes gou- uerneurs voulâts plaire d'auâtage a ceîuy a qui ils le font yeoir,ils le font bailler quelque telle de chous cabus,ou quelque pièce de melon,ou quelque pongnee d'herbe,ou bien du pain,lequel ils ti- ennent en l'air en le monllrant a iHij^foptamus: mais luy qui en- tent qu on luy veult faire ouurir la'gueulle.auffi l'ouure fi grade, que la telle dVn Lion bailIant,pourroit trouuer place leans. En après Ion gouuerneur luy ieclecela qu il luy auoit monllré,com me qui le ledteroit en vn grand facdaquelle chofe ÏHij^ioiotamHs maf- DE l'h IP X»0 P O T A MV $• 49 mafche,puis laualle. Voila que iauoye a dire de YHlijo^^tmHs quei'ayveuenvie. Que Arijïote ne conment vas auec les autres autheurs qui ont efcrtj^t de l'Hi^j^o^otamus. Cfc^p.XX. ^ T a fin que quelqu yn nepenfaftpasqueietne foye trompé en prenant celuy que iay nommé pour vn HippopctamHs; 3c qu'il fuil vn autre,6<: m'allegaft Hérodote le plus ancien de tours les Hiftoriens,qui dit que [ Hippogotatms eft grand côme vn grâd Bœuf,aiant queue de Cheual:5c que iHippopotamHi dont ie parle, n'ait pas cela:ou iuyuat les merques de Diodore qui elcript qu il ne îoit guère moindre en grandeur que de iept pieds Se de- my; &: qull ait quatre pieds, defquels I ongle etl tendu corn* me celle d vnBœut,trois dents de chai'que coité,les oreilles hault cÛcacz^Sc plus apparentes que de nulle autre befte fauuage, 6c la queueSilehennillementfemblableaucheual: 6^que celuy que i'ay cy dellus eicript^ne conuienne pas non plus auec ceJuy d He rodote que de Diodore : a cela ie refpondray, que i ay amené les merques bien notables que Ariftote ha eicriptcs touchant rH(ppopotflm«i:auec lequel pourront conùenir celles que î'ay efcri* tes du Bœufou Porc marin de Conftantinoble: car Ariftote ne veultpasqueles Hippopotames aient le corps plufgrand que les AÎriQSidc aufli n'entent pas qu'ils ioientdu toutiigrandsiquieft vne moult répugnante note aux efcripts des Hilloriens. Dauan» tage;il veult qu'ils ayent la queue de Porceau,&: les dents de San- glier,qui çlt iemblablement contraire aux ibbldids.Voyla donc comment il y a grande controaerle entre leurs eicnpts,5c qu'ils y ne conuiennent pas enfemble.Mais quant a moy;ie meretireray • • toufiours d auec Ariftote.Et voulant bailler la vraie peincture de rHtppopotaff)«5,ie la veul prouuer par les anciennes ftatues des£gy ptiens,6cRomaîs,ou blé par les antiques medallesdesEmpereurs Romains^elquelles les figures des Hippopotames l'ont lî exacte- ment reprefentees en Porphyre,en marbre,en cuyure, en or, Bc argent;que facilement en les regardant)! on cognoiftra euideni- Ni ■* ment L E SBC ON D LIVRE ment toutel habitude de rHip^opotamHi,qui conuient auecceluy que 1 ay veu en vie a Conftancmoble. Aulli eit il mal aiié a croire que quand les anciens onc taict li grande deipenù en la portrai- Cture de celte befte^la tailanc grauer iur niarbre, qu ils ne 1 aient faicl veoirau graueunik legraucur en taiiiit iondebuoir, n'a peu moins taire que de la repreienterau naturel. Gi: npaintenanc (i , celles qui font grauees es marbres ôc en Poi phyre,iont correlpô ^ dancesaux autres qui font lur cuyurene dira ion pas; que ce ioit ivne rneimechofeôemblablement il les figures grauees lur me. tal de marbre conuiennent auec celle que nous auonsveue envie, pareillement ne conclurons nous pas, que ce foit vne merhie choie? Que les Komaws anciennement j^eignoicnt des fleuues eu riuieres^ alîmitatwn des Egy*^'iien,^,^our exprimer leurs richtijeSy^ me l Hî^pi^otamus eji n^rejemé en la jïatue du biil de Beiuedery a ikommc. Cbaj^. XXL TE puis prouuer par plufieurs âtiques ftatues 8c graueures, &prî- cipalcmêt par celle tac iniîgne6<:anciéne du iNilquieit mainte nant a Rome au lardin de Bdueder,que Inij^j^oj^otam^ydont le par lee[tlevrayHip2JO£otflm«i.CaranciénemétlesRomaïs voalas laif fer mémoire d euls a la pofterité; 3c luy exprimâcs les richeiies, failoiet entailler de treigrâdes itatues qui repreiêcoiéc les fieuues lelquelles choies ils auoiencappnnfe,desEgyptiés,qui n ont la fertilité en leur pais linon par le bénéfice du iNil: leiquels le re* prefentants taifoientle portraiâ: d vnGeât qui elpàdoïc de leau, aiant autour deluyplulieurs petits enfâtsiufques au nombre de treze,en ligne des treze coudées de fa crue,ô<: deiquels le trezief* mecoronneibncornucopie.Maisles Romains voubncs repre- lenter le Tybre faiioient faire entailler la figure d Vn tref- grand Géant qui auoic vne longue cheuelure, ô^auiïi vne fore longue barbe, quaiî comme limonneufe,ainfî allïie tenant vn cornucopie en là maintpar laquelle ilsvouloient lignifier fertilité Se abundancedetouts biens6<: grande félicité: laquelle chofe ils ne faifoientpas feulement dVne feule riuierc^mais auifide touts DE L H I P P O P O T A M V S. 50 to^,autrcs cômedu Rhï;du Pau,du Tybrc,&: du NiI.IIs faifoict le Tybre accoudé deilus vne Louue allaictant Kemus 3c Romnlus* Mais le Nil eft accoudé delïus vn Sphynge,& par la baie de la pi- erre ily a plulieurs Hippopotames, Crocodiles, Ichneumons, ôc Ibis, coûts en Iculpture , aufquelles pemctures ie veul adiou* fier autant de foy, comme li iauoye lanimal prefent: car il faulceihmer que quand les Princes Romains les faiioient por- traire;q'ils auoiétrHippopotame prefent. Il y ha encor plufieurs autres Iculptures danimauls en la lubrdiclc pierre: mais l'ay feulement fan5l retirer vn Hippopotame delà mefme figure quil cft deilus la pierre de marbre, tenant vn Crocodile par la queue eftant en leau, du quel ceftecy eft le portraid:. Le voYtYdiïi de la fgure^ retiré de lajlatue du Ni/, du iardin de Beluedcr au j^alais du Pape a Rome. Chap. XX II, A: y^ ^-r/"' A^* ?^ ///'/:/; 'm^ K-'^-i"^^:-.^==>: ^-■^- '0 t^ss m^' \\^ wm -)f% N.i. Voyla f LE stc ON D Livre \/OyIa donc quant à la figure de rHippopoUmwi retiré des mar^ ^ bres trefantiqueSjduquel les tailleurs voulants enluyuir le na turel pour le plailiî* de leur prince,ont fort biê oblerué toutes ces parties, lefquels n ont rien oublié qu'on y fâche defirer: corn me Ion peult veoir regardant les aureilles,les yeux,les narines, les le- ures,les dents,Ie col^les iarets,le dos,les coftezjle ventre,la queue les iambes.Somme toute la refte de ceftui animal,n'eft rien dif- férente dauec celuy qu'on voit a Conftantinoble; dont ie puys faire foy,mais non ians autheur.Car vn nommé laques Gaflot, elcriuant quelque petit difcours du voiage de Conftan tinoble,en tre autres choies qu'il ha ekript de Conftantinoble, ha touché ceftebefte en quelque petite claufulej duquel les propres mots font commefenfuyt.il y a aufli(dit il) plufieurs Heuxen Con- ftatinoble,ou Ion môftre beaucoup de beftes lauuageSjLiepards Ours, Afnes fauuages, Autruches,en quantité,auffi vne certaine befte,queles vus appellent vn Porc marin, les autre s Bœuf ma- rin;mais ie ne veoy point qu'il reffemble ny a Ivn ny a lautre, de en vérité ceft la plus villaineôc laide befte que ie vey onc, Ton dit qu elle a efté apportée du Nil. Tout cela diloitCaiiot del Hip popotame;non pas(comme i ay di<5l)qu ils fâchent aConftanti- noble le nommer dvn nom ancien,mais ils le nomment félon ce qu'ils en peuuentveoiralœil. Que j^iii fleurs Emj^ereurs^ayent anciennement faiïî ora^ uer diucrfes ef^eces de hejîes en leurs tnedalles^ &* que en* tre autres on y ^?eoit la jigure de ÏHi^i^o^otamus. Cha^. XXIII. A Près que i'ay baillé la figure de VHifp^otamns retiré du mar^ bre,ie veulconiequem ment en bailler quelque autre retirée de lorjlaquellerFmpereur Adrien auoit faicl engrauer en vnc medalle^en laquelle eft contenu toute Ihiftoire du Nil tout ainfi commeenceiledeBeluedera Rome. Mais pource que ieneveui defcrire nelesfleuues,neles ftatues,ie retourneray a mon Hippo* potflmMi,lequelmonfieurletreforicr Grollier m a permis retirer dVne de ics antiques medalles dW,dont il ha grand nombre^ de duquel la figure que i'ay retirée eft totalement lemblablea celle que DE L H IP P OP OT AM VS. 51 que iauoyc défia au parauant faict retirer des marbres de Rome, laquelle eft tout ainfi en ladide medalle comme on la veoit en la prefente peind:ure.L'Htppopotam«ieft ainfi tout droid: entre les iâ* besdelaftatue qui reprelente le Nil, lequel nhaquelesiam- besjde derrière dedens reau:8<: eftoient fans articulatiôs en la me^ dalle,maisieluy en ayfaici peindre, fuiuant la peindure delà ftatue de Rome. La ftatue qui tient le cornucopie,n eft pas pein- éle félon qu'on ha accouftumé de peindre le Nil,car elle ha le vi fage d'Adrien. Le CrocodiIIeeftaudeflbubsdela ftatue comme plongé dedens le Nil.Voila quant a l'Hippopotame que nous a* uons retiré de la medalle de mondiâ: fieur le treforier Grollier,Ic^ quel en ha encor plufieurs autres en argent Se en cuiure, efqueU les font pareillement reprefentez les Hippopotames en peincfVu* rè,mais il me fuflfiten auoir faid: retirer la figure delVnCjqui cô* uient aufli auec la beftequi eft a Côftantinoble que i ay défia det crîpte:parquoy il me femblen'auoir point failly dePauoir defcri te foubs le nom del Hippopotame.Séblablementoultre les mar* bres 3c monnoies,aufli en auons nous veu es Obelifquesjqui n'a* uoient rien de difterance auec les trois que nous auons défia def* çriptcs. PortraiB Je l'Hip^opotatnus à\ne ar^ti^ue medalle de rEmpercur Adrien ^rauee enor^retiré d\nedesm£dalles de monJitUY le treforier Grollier.. N3. Pendant r LE SECOND LIVRE ^Endânt le temps que nous auons elle en Egypte en lavillc du Ciyre,ie incerroguay plulieurs ùl y auoii aucune nouuelle de ceCiieual de riuiere ou H fj^o^outn^u .mais ils n'é ont de relie que la fable en leur mémoire. Qjelqaes vus reciéaant celle melrne qa on en haeicnpc ancieauemcuCjicaaoïr qu il eit rorc cernble^: cruel, de qui! faille faire des roiies pour le prendre; touteitois la* mais home ne ma icej due a lavencé qu il en aitveu d'autre que celuyque i ay deiCric.Celuj qui cà a Conilâcinoble>tuc pris encre la Ville qui eit mamtenanc nomcele Saec^ 5c le Cayre:a^ meimes ceuls du Saet I apporterêc au Càjcc au i5acha,ou iLdemeura quel ques iepmames attendant qu on I enuoyroïc a Conltâtmoble par mer.Ceiaeftcôformeace^que Kmeea lia etcrit. Car il dit qu il cft pris au deil us du ^aet^enire ks lurildicliôs d Egypte. le croy que c eft le meime heu ou anciennement turent piins les autres que wif^rcHs Sca^rns teit porter a Ko me. De la naiure de l'Hippopotamits. Chap, X X I 1 1 1, QVât a ce qui ell de la nature de ÏHip'^opUmus^ ie n ay nô plus a e.i efcrire que ce qui en ha eité deiia dit par les anciés. C eft qu'il ie départ la nuicl duNiI,ou il ha demeuré caché tout le lour 8C va aux bleds qu'il paiil toute nuicl:mais il chemine a recullôs a fin que par telle aituce Ion ne cognoiîie polt les pas. Au (urplus Ion ha elcripcqu il a eili noit^e Inaulre ôc enleigneur en quel* que partie de me Jecine;C eil a icauoir en la phieoocomie, de la- quelle il eil mue Jteur;car quand il i cit par trop engreilé par le {aoulerou[tremelure,il viencaiariu^ du NiIjiS^iatrouuatquel* quesCicots oj troncs des cannes qu'on y a tailiees,choiiîc les pl^ agues qu'il peult,6c le picquant certaine veine delà ïambe, ie taie faigner:5ca. rcs qu il ha allez laigné;il reiloupe la plaie d e limon. Les cuirs des Hyppopocames eitoient bien requis le temps palïe pour faire des falades ôc boucliers: car ils eiloi^nc impénétrables aux fleichesÂ: aux efpieusjdonc les eiclaues des Ethiopiens en a* uoient grâdgaing>d autant qu'ils en apportoient beaucoup /édre aux foires qu'on tenoit en vue ville des Frogloditcs nômee A- duIiton.Les médecins n ont faicl grande mciition,qu il fuit gri- dément requis enlVfage de médecine. Vray eft que quelques par- D E l'hi P POP OT A M VS. ^1 parties deceftebedeont efté en vfagC; côme font Tes tefticules, de fa greiie^LqUwile guarit les fiebures; côme aufli faict la fumée deie5e:%crements:6^aulîiLnpouidiede ion cuir bruflé ganfloit les taches ou viiage & de toucle corps. i auoye ia fini la delcriptiô de ceft Hi^^oijotamiis^lovs que tiouuay monfieur de Codognac var lecdechambiedu Roy,qui venoicdeConftantinoble,lcquel me dift que le l'ubidid anui:iai eilou n agueres niort:& me dift auflî luyuantvndoubte que lauoyc; qu'il auoit les pieds coir^fpon^ dancsauxpiedsdVneiorcuc, ex: ia queue relTembloit piieuls a celle d vne Tortue, qu a celle d vn porceau:au pari us qiViI eftoit enqueiquesmerques participâtauec la nature de laïortue d'eau. lin de l'H^'j^o^otamus. D\rî ^etit poijjon duProj^ontUe fort aâmhcMcy ^ qui entre toms autres ej] d cjïran^ nature. Cha^XXY, 'U Ntre touts les animauls que i aye onc faidl peindreiceluy qui ma iemblé le plus digne d'eftre adioufté auec les peindtures des Daulphins,eii: ce peut iÀaminsyOu Nautonnier. Car oultre ce quil eft rare, aulïi ell il deflrange nature5cadmirable,&pour aurantquiliefièmblea vnnauirc,ilha efté nommé de touts en toutes langues Kautonnier. Si les Grecs &: Latins n'en auoient afl'ez amplemét efcrit,ie le vouldroyeentieremei: défaire, mais fera ailleurs m ieuls apropos.Carmaintenâtqùeiayadioufté la figure de ce prelènt petit poiflbn;iI fullira que i en eicriue brief- uemêt,8c que ie face entendre qu'ô le trouue aufii bien en la mer Méditerranée, que en la mer du Propontide , 6: qu'il eft auifi trouue en la mer Adriatique aux riuagesd'£fclauônie(S<: duFriol. Car monfieur maiftre lehan de Rochefort éloquent P hilofophe & excellent médecin de la maifon des Rocheforts deBlais,le me feift veoir la première fois a Padoue,Iequei luy auoit efté enuoyé par vn fien amy de M uggia^qui eft vne ville en Friol , au riuage delà mer Adriatique, Mais depuis ie me fuis trouue a enveoir de ceuls qu on auoit pefchez en la mer Méditerranée car aufli adui^ ent LE SECOND LIVRE cntilquonentrouue quelqucffois comme a Miffîne 8c a Na- ples,ouencorpourleiourd'huylonenpourroitvoir des coquil- les au logis du capitaine nomméGuifchard;IequeI eftant n'a pas long temps gênerai des galleres de Sicile^vnfien (ouldard en (c pourrnenant par les nuages luy en apporta vn en vie. Nous auôs ouy (on appellation vulgaire que luy ont baillé les Italiens, qui le nommoient MofcaroloMàis MoJcaroCo ou MHjcardino eflnom qui eft deu a vn autre nommé O/tttjr^i. Vray eft que comme Ojmylus haodeurde mufc,aurfi ha ce N<;Htif«i,parquoy les habitats du'far de Miliine le nômét en leur vuIgaire^«Jcardj»o.ll ha lefcorce té* dre&:fubrilecôme papier, toute faifte a petits raiôs:lô appelle cela eftre ftrié oucânelé.Elle n eft pas de fi exquife couleur d'argét,cô me eft vne autre efpece de coquille qui 1 uy reflemble, de laquel- le eftoient faicls les vaifleaux qu on nômoit Mnrrljina vafa, & qui eft appelleeen François coquille de Nacre de perle;Ou bien grof- le Porcelaine mais elle eft de couleur tirant fur le Iaict,moult biê reluilance,de laquelle la prefentc eft Ta vraie pemcture. Portrûicldu Nautilksjeçiuel Plwc nome Po^ilusou Nau^lius. DVNÀVTILVS ^^ P Lie rerêble a vn nauire qui anciénement eftoit noméAcatiô, vaifTeau plus com mun en la mer du Propontide qu il n eftoit ailleurs.^Htw»H5 parlât de cefte cfpece de côche,ra defcnpte cô me il la veit auPropontide,elle ha vne enfonfure proprement cô* me vn nauire,&:Iadid:e enfonfure eft ce qu on nomme la caréné: a laquelle enfonfure ou carenne Ion ha couftume d'attacher les aix du nauire aux deux coftez.Il femble que ladifte coquille foit de trois piecesjlcauoir eft que 1 enfonfure foit leparee des deux coftez. Mais cela n eft que de finduftriedenacurexarelle eftd v ne feule piece,toute a beauls petits raions.Elle porte la proue de* uant^comme faiét vn nauire: ÔC la pouppe derriere,ain{î retour- née en rondeur de compas,comme eftoit celle efpece de nauire qui auoit nom Acationxefte coquille eft toute cochée aux bords, 6<:ieroitqua(î de forme ronde; Il elle n auoit ou uerture par Teiv droiclou fe nourrit fon animal. Sa grandeur nefurpaHepoint|v' nepaulme:careftendant la main delf^fon elcorce par lalôgueur, les extremitcz du poulce 3c du petit doigt pourront bien arriuer auxextremitez de la coqmlie.llia fault manier doulcement:car elle eft tragile. Voila quât a la coquille. Mais quand le poiifô lent le remps douls,& la mer fans tempefte, lors il fort hors de la mer auec fa coquille,& vient felbatre fur leaUjle ventre contremont: qui eft choie moult admirable en nature^qui n eft cômune a nul autre.Il laiiTe vne efpacevuide, fâchant que la coquille en fera plus legiere,a fin que mettant hors & eftendant vne membrane ou pellicule qu'il ha,5cd'icellefailantvoile,laquelle il renforce auec deux de les iambes ou cirresjlvne deçà 1 autre dela^ il ait le plaifir qu'il prêtent eftant poulie legiere ment du vent par deflus leau.Il ha quatre iambesdechafquecoftéjdefquelles deux tien* nent la voile dreiree,&: les autres luy leruent d auirons 3c de gou uernail,ô<: a le voir Ion diroit proprement que c eft vn nauire.S il fentquelqueperilemmentjtant des oyfeaux nommez Lari, qui eftantsenlairluyfontlaguereecommear£xocetM5, ou bien les autres appeliez Caniards de mer,alors il retourne fa coquille qui auoit le ventre contremont,&: la remplit d eau,& fe retire dedés, pour retourner trouuer le fond de la mer. Et fa aiant tourné la co jquillefur fon dos,il retient puis la vraie façon d'vn Limas. O. D\ne LE S ECOKD LIVRE D\ne autre cojuille j^refjue femhlabk au biautilus, iont anciennement on faijoit Us j^lus beauls^ajes .jueujfent les Romains en^^fa^e. Cha^. XXVI. TA comparaifon que i'ay naguère faide de mon CN'^îwtifo^, a la grand coquille de Porcelaine^m'a baillé occafion delà defcri- re.hlleeil autrement nommée Coquille de Nacre de perle: lU'a- uoy c au parauant foupfonnee eftre celle a qui le nom de J^ami'i? deuft conuenir.Mais depuis aiant trouué le JV^rtHtilw, ie niefuys mis en eitbrc,de trouuervn nom ancien a la fuiciicle Coquille de Porcelaine,qui ne m'a efté chok moule difficile, veu melme' ment que le commun peuple la nommé vulgaireméc groiie Por celaine^a la différence des petites. Delquell es 1 appellation neft pas moderne.Car ie trouuedesautheursquienont taict métiô> expreifeles nômâtsenLatîPûrcefiio»e5:deiquellesles medecïs ont quelque vfage^comme on peult veoir en 1 autheur des Pâdeftes éc au Nicolas. Cela ma faid: autrefois penfer que les ouuriers euf fentlïnduftriedelesfcauûiraccouftrerpour en faire ces beaus vafes que nous nommons de Porcelaine. Or ces Coquilles que i'ay dit eftre nommées Porcelaines,font moult petites,aiâts quel que affinité auec celles qui ont nom JA.HriceSy & JAnrex eft a dire P«rpra,quiferefentde M«rrl?a.Parquoy fâchant que lesvaifl'eaus qui anciennement f appelloient J^nnhina, furpafloient touts au- tres en excellence de beauté ô^ en pris lefquels touteftois eftoiét naturels:fachant auflï que ceuls que nous nommons de Porcelai ne font arcificiels-Iay bien oié penfer que les vafes vulgairement nommez Porcelaine ne foient pas vraiement Mnrrkna, Car mht^ rkina me femble retenir quelque affinité auec Mnrexydc aufli la di* £tion de Mwrex le relent ie ne icay quoy de la Porcelaine. Par quoy ie ne pourroie concéder que les vailfeauls de Porcelaine ar- tificiels fa léls de terre^puiifent obtenir ce nom antique,tant infî- gne ^ excellent de M«rr/?ma -vajaivnâis trop bien que les valès Faidls de la fubfdiiftegroiïê Porcelaine ou Coquille de Nacre de Perle,le pourroient obtenincar c eftoient d'elles que tels vafes ef- toientfaicls.il yhavnc autre efpece de Coquille moult grofle, pefante,5c lourde^que lesvns nôment improprementPorcelane. De DE I A C O a V I L L E DE P O R C E I L A I N E. 54 Deceften'entensiepas;neaufll[desvignolsdont ceuls du Brefil font les patenoltres,i:e auili des Nacres ou tneres de perles, qui rerfemblcntalercailledvnehuiftre,neauliide plufieurs autres qui tont nommez Nacres de perles. Mais ientens de ces belles Coquilles,rondes 3c caues,taicles en manière de nauire,tant luy- fantes ^ polices, dont la couleur ell plus excellente ëc exquiie, que n eil la naitue couleur des perles:6^ la deiquelles mcfmemét Iplendeur taicl: apparoiftre vn arc en ciel; d vne Infinité de cou' leurs reluil'antes qui (e retcrent es yeulx de ceux qui les côtéplêt. dont iellime. que les vaiileauls qui en turêtanciennemêttaicls, prindrent ceite appellation de MHnhma, d'autant qu'ils tenoienc quelques merques de la couleur de MnreK qui elt a due Purj^nra. Mais leveoy maintenant vne manière de vailleauls que ie croy eftredel inuention moderne qaalicorrei pondants aux antiques nommez en vulgaire vaiiieauis de Porcelaine; Sccroy bien que leur nom moderne fe reiente quelque choie de lantique appeila* tion de Mundina^Ccs vaies de Porcelaine lot les plus célèbres qu o veoit pour le iourd nuy.Lei'quels (ont en ce différents aux anciés que ceuls ci l'ont artificiels;6^1es autres nô.Ietrouue que les vaif- leauls de Porcelaine font faid:s la plulpart de la pierre nommée Moroc{):f)Hs, ouLeiico^rûffit^ :de laquelle les Egyptiés le ieruoient an* ciennement a blanchir leurs linges: mais ils en ont tourné 1 via* ge a donner les couuertures 3c enduîCls ou reueftemêts aux lubf- diclsvaiiîeauls.Et combien qu'il y ait de telle pierre au pais Vi' cétin,au territoire Venitiê auprès de la tour Roulfc; qu'on porte asaffo,ôcdela par lé lac de guarde pour diftnbuer es villes d Italie, dont ils fôt les couuertures des fubfdicls vafes dePorcelaines tou teffoisil ny ha nulle comparaifon d excellence d buurage aux vaifleauls de Porcelaine faicls en Italie,auec ceuls qu on hiét en Azamie&: Egypte;, lefquels font tranlparcnts 3c excellents en beaulté^ôcdont nous icauons que la pièce pour petite qu elle foit eft vendue au Caire deux ducats,com me eft vne efcuelleou vn plat.Il y en ha au Caire q ui y ont cfté apportez de Azamie, c eft a direAiîirie ÔC zo Concombre de mer fo. 17 Corbeaux de mer fo. 17 CoiViphos fo. 17 CorluU ifle fo. 25" Coiiiugation des nerfs du cerueau duDaulphin fo. 37 Crocodile fo.47&5'o Curiolice du R oy François fo. 43 Daulphin pris a Rimini fo. 7 Daulphin roy des poiflbns fo.4 Daimares cieanenc le parcy des Grecs fo. y Daniel Barbarus gentilhomme Ve nicien fo. 7 Daulphin voulcé ou courbé fo. 11 Daulphmé fo, 1$ ÔCi6 Dau phm vignote fo. 16 Daulphin pallàgers fo. 24 Delphmion herbe fo. z5 Delphinophoron fo. z6 Dcfcriptiondu Daulphin fo. z6 Delcription del'Hippopo. fo.48 Delcnption du Marlouiu fo. zp Defcnption d'Orca fo, 3iJ Delphiniera fo. 4^ Diaphragme du Daulphin fo. 35* Diodore fo. 4p Donfellc fo. 17 Dorio repando,DeIphinu$ fo.io Dorce fo. 20 Dragon fo. iS Draco fo. 18 E Egyptiens fo. Eguliats fo. 17 Eléphants fo.48 Embrion du Daulphin fo,4o ^41 Epïgaftredu Dauiphia fo.37 Ellrangespoiflbns fo.i^ Elclâuôs viuécaiaCreque.f.5&25 Efturgeon Elloille EimeriUon Eilomach du Daulphin Eilourneauis de mer Exocetus E Feftina lentè François Perier peinâ:rc G Galei Gac Gallee Cauia ou moutte ij 20&35 fo. 17 fo. 22 to.3^ fo. 17 fo,&yj fo. 12 fo.28 fo.45- fo. 17 fo. ip fo. 22 Gardemanger fo. 25 Geneuois fo» ^4 Genitoires des femelles fo. 42 Gilbert médecin de Rome fo. 7 Girafes fo. 7 Glinos fo.2i Gournault fo. ip Gofier du Daulphin fo. 3 y Grande coquille de pocelaine f. 53 Grue de mer fo, 17 Griues fo. 17 C ni lus fo. 20 Grenoille de mer fo. 37 Grofle porcelaine fo. 5 2 GuidodeColona f.i^ H Harpe fo. 18 Harpons fo. ^6 Hérodote fo. 4)- Héron de mer foi4 Hippopotamus fo. zoôcyi H irondelles de mer fo. 2 5 Hobreau fo. 22 Homar f. 17 Hololleos fo. ip Hys fo. 20 H y menées £41 luifs fo, j > TAB loânct Watroti fcauant médecin Anglois . fo.p MonfieurM.Iean.IcFeron fo.i^ lulis. fo.17 Inteftins du Daulphia fo.j^ Ichriocolla fo'47 Ichneumon fo.5.0 lehan de Rochefort fo.51 Ibis fo-^o Inueteur de lafcignee Hip. fo.j't L Latins moins fcrupuleus que le s Grecs fo. S Laros fo.z2/ L'angoufte fo«53 Labyrinthe de Crète fo.3^ Laggione fo.17 Lambcna fo.iy Lamproiç fo.i^ Lamia tb.^s ^ 45 Larinx du Daulphin fo.35 Lelepris fo.17 Leucographis fo«54 L'hiftoirc d'Arion fo. j" Limats de mer . fo.yj Lieure marin fo.id^ Lion de mer fo.17 Littorales ou de riuage fo.17 Lyra fo.i8&i^ Libella 45 ^47 Lynces fo.48 Liepards fo.48 Loy de moyfc fo»/ Lotte de mer fo.20 Loutre. fo.3o&47 Lune,poifron de mer fo.17 M MaiftrePierreGeodon apoti.fo.42 Mario fo. 20 Matrice du Daulphin fo.40 &41 Mararmat fo.i8 Malarmat fo.iç LE Mahometiftes ne mangent point deDauIphinnedePorc fo.£> Mangreliie fo»35 Marmiers Veniciens fo.iJ Marlouin n'eft pas dicVion Fran- co ife fo.8 Marfioni petit poiflbn fo.2p Marfyo fo.9 Mamelles du Daulphin fo.36 Merfouin,ou Murfouin fo.^ & 10 Medalles antiques contenants les Daulphms fo.ii Merlus fo.17 Merle de mer fo,i7 Miflinc fo.yi Milan de mer fo.2/ Mille peinCtures de poifTons aflem blees par M. R odelec fo. 47 Mofcarolo ou Mulcarolo fo ji Mofcardmoou Muicardmo fo-Xi Monfieur Goupil medccm fo.47 Morho ou Moihou /b.p Mafchouere dVae OrcachezM. le garde de féaux Bertrand! fo.31 Morochthus pierre fo->'4 M.Scaurus fo.48 Muggia ville en'^Friol fo.3-2 Muict de mer fo.17 Murène n'eft pas Lamproie fo.ip Murrhlna vala fo.52/3&j'4 Murex fo.y3 ^ 54 Mutianus fo.yj Murrhaconcha fo.i'5&54 N Nautilus fo.j'2 53 ÔCS4 Nauronnier fo.52 Nacre de perles fs-5253 ^54 Ncbrides Galei fo.17 Nets des efchanfons de paneterie de chez les princes fo.z6 NifToles fo.17 i TABLE Obelifqucs ou font grauczles ima ^es dcsHippopocamcsfo.^i Omcntum du Daulphin fo.55 Onces fo.4S Oudre & Ouettç fo.io & $0 Orties de mer fo.17 Orca fo.3x Oflements du Daulphin fo.45 Ofmylus fo.5i Ours de mer fo. 16 Oye de mer ou Daulphin £0*5 Se P Paraftates des Daulphincs fo. 41 Papilles ou trayons des mamelles de la Daulphine fo. 3)- & 37 Palumb fo. ij Papegault de mer fo.iy Paon de mer fo.17 & 18 Pelce força fo. 19 Peîdures depoilTons deM. Daniel Barbarus Patriarche d'Aquileefo.7 Pefce armato fo.18 Pelce fan Petro fo. 20 Perfes font Mahômetifles fo ^ Pelchcurs du Leuanc fo. 7 Pelamides fo. 11 Pefce Ipada fo.14 Petrus Gillius fo, 45 Pes efcome fo. 17 Pericardion du Daulphin fo. 35 Pelagij,ou de plaine mer fo. 17 Phileter fo. 31 Philantropos fo. $ Phoca ou veau de mer fo. 2^ PhocacnaouMarfouin fo. p 14 & Phycis ou Tenchc de mer fo. 17 Phalangions fo 42 Pic de mer,ou Pîùerd fo. 1 7 Pierre Geodon appoticairc fo.42 Pompilus fo. 25&^2 Porc pos ou Porcpifch Porceau de mer fo. Poiflon Empereur Porcelaine Porcelette Porcellioncs Porcus Portraid du Daulphin Portraiâ: de Orca Proucrbe d'AugufteCaefar Priltes Priftis Pforon Pyramide d'Egypte fo. 9 P&20 fo.14 fo.53 fo. zo fo. ;$ fo. 20 fo. 29 fo. 32 fo. 12 fo. 31 fo. 17 fo. 3^ Raifinsdcmer fo.17 Raies defguifees fo. itf Rats (i'eau fo. 30 RattcdePOrca fo. 43 Rehgion des Mahometîdés fo.5' Regnarddemer fo. 1^,25 &4^ Remus fo.4^ Romulus fo. 50 Rhines fo. 41 Riuieredu Pau fo. 13 Rouget fo.19 Roufl'ettc fo. 17 2 1 41 & 47 Roquau fo. 17 Rotulo fo. 20 Rougnons du Daulphin fo. 3 6 Ruliiensobeiflcnt a refglifc Gre- que fo. s Saet ville d'Egypte fo. 51 Salmandrc fo.42 Sardines fo. 22 Sauterelle de mer fo. 17 Sanglier poiflon du flcuue Achclo us fo. 20 Saxatiles fo. 17 Saulmont d cflain ou de p/omb fo. 2 6 P3. Sanuc fo>Tp Scaurus fo. ip Salpa fo. i8 Scclecos du Dauîphîfi* f 4/ Scardola fo. Serpent de mer fo. f p Se 10 Serpensccrreftres fo. ip Scrcallcs font de la foy Grequc.f. $ Selenns to. 20 & 47 Singe de mer fo.14. 15&11 Synediae to. 2.7 Synodontides fo. 37 Soleil fo. 17 Sphiraena fo.i7 Spmaces Caleî fo. Sphinges . fo. 37&yo ScaruesduOauIphin fo.fo Statues Egyptiennes fo. 4P Statues Komames fô. 4P Steilaris fo. 17 Superftition des Grecs fo. $ Sus fo. 10 Syriens f.y T Tarentinj fo. ix & 15 Taras fo^iz Ôc if Tanches de mer f o. 1 8 Tanua fo.18 Telemachus fo. ij & 2 (> Telle du Daulphia to.^S Tygrcs ^ fo. 48 TiteVerpaHen fo. 12 Toys fo.iiôc 14. ' A B L E Torlyo fo.Ï4 8:2p Tortues fo. 30 Troglodytes fo. 51 Trippç du nombril du Daulphin fo.38^3P Traîne fo. 21 Troiens fo. is Truie fo. 20 Trueuc îfo. 20 Truega fo. 20 TrigUtcs fo»37 Turco fo. p Tumbc fo. ip V Vaiffeau nommé Dciphinus fo. ±6 Valt^urnus fo. / ViiiVts £o.isSc2.6 Viue fo. 18 Veau de mer fo. 2PÔC47 Vter fo. 30 Veines du Daulphin fo. 3^ Vreteres du Daulphin fo. 37 Vclcic du Daulphin fo. 37 Se 40 Vrachus 3*»39 Se 41 Voiage de monfieur le Baron de* funct par Arabie dcferte Vipère fo.42 Vertèbres du Daulphin f. 4^ Vignois fo. J4 z Zigurelle fo.17 Zaphile,ouZaphirus fo. i8 Zigena ou Libella fo.,4y Se 47 ■ ^ FAVLTES ADVENVES A L'IMPRESSION". Au nsufierme fueiUetchap.xv.oa il y ha que la voix du Daulphî Iiiezqjelenô du Daulphui Au xv.tuwiliccchap.xvij pour len- graueaehièzien^raueuie.Auxv) fueilkc cha.xxx.ouily ha ne pouuesjifeznepwuucc. Auxvjjtueil.hgnederniereouii yache n1Ilehie2chciiilk.au xix.f.ch.ip.xxx|.poarrareau hfez circuit. Au xxx;. f. chap.penukuiie pour nacines liiez racine. Î^C" ^1 "ir rire. " ■, ^I^ï^'*'*^,'; :::tS^^oi*^?^:: '■■Ssà^::M^'&^'n J